Bouquin #163 : Les incurables, de Jon Bassoff

[Les incurables – Jon Bassoff – 2015 ; 2018 pour la traduction française]

J’avais une folle envie de noir et de thrills : j’ai été servie. Délice que la parution du deuxième Jon Bassoff, « écrivain dérangé » dont je comprends désormais cette juste appellation tant Les incurables gratte au plus profond du malaise et du vice, toujours plus loin dans le glauque et la folie. On en rirait presque : ça a d’ailleurs été ma première réaction, un rire nerveux et jaune, nuage de lait dans le cauchemar. Et puis on finit par ne plus rire du tout et choper la chair de poule : pitié, sortez-moi (vivante !) de cet enfer !

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Bouquin #162 : Séquoias, de Michel Moutot

[Séquoias – Michel Moutot – 2018]

En voici un dont j’aurais pu ne pas croiser le chemin, pour tout un bouquet de bonnes et mauvaises raisons : pas envie de manger du pavetton, lassitude de l’Amérique et de ses saint mythes de réussite, et puis la chasse à la baleine, très peu pour moi, merci. Mais il se trouve que Michel Moutot a pointé son nez à la librairie pour une très belle rencontre, et je l’ai écouté bouche bée. Diantre, ce gars-là sait raconter des histoires, et j’embarque Séquoias en me disant que cela plaira sûrement à mon père. J’en lis tout de même les premières pages sur le chemin retour…

Et je ne décroche pas.

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Bouquin #160 : La bête à sa mère, de David Goudreault

[La bête à sa mère – David Goudreault – 2015 (Québec) ; 2018 (France)]

Encore une littérature qui a de la gueule ! Et drôle, en plus ! Découvrir David Goudreault, tout juste installé dans les librairies françaises, fut un sacré plaisir – comme l’impression de renouer avec ce genre de plume qui me réconforte, gouailleuse, entraînante et extrêmement sensible. Personnage de choix, parmi mes préférés : un loser, bien sûr ! Tu sais à quel point je les aime, ces grands dadais pathétiques, carcasses d’erreurs et de maladresses qui malgré moi me rassurent, m’offrent une respiration. Cette fois-ci, cependant, notre antihéros a des circonstances atténuantes, et une logique de vie somme toute compréhensible : il l’assume avec franchise – un soupçon de mauvaise foi, et beaucoup d’autodérision. Ce n’est pas un simple loser, c’est un loser droit dans ses bottes, une crapule accomplie et sereine. Et on ne peut, au fond, s’empêcher d’admirer cet étrange type…

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Bouquin #159 : Là où tout se passe, de Lara Pawson

[Là où tout se passe – Lara Pawson – 2016 ; 2018 pour la traduction française par Yoko Lacour]

Je suis tombée dans ce texte un peu par hasard, curieuse de m’ouvrir à une nouvelle voix de femme. J’ai cette obsession – de long cours – à vouloir entendre ce que des « elles » ont à nous dire – tout en tournant autour des grands noms et des grands livres, pas encore tout à fait prête à m’y immerger. Ici, une inconnue : Lara Pawson, dont le résumé nous apprend qu’elle fut journaliste pour la BBC, ballottée au gré des guerres. Esprit d’aventure, sel de la vie, en somme. Cela m’intrigue, je mords : curieuse sensation que d’avoir sous la dent un récit épars, plein de trous et cousu selon une science bien mystérieuse… Et pourtant, QUEL RÉGAL !! Je ne saurais exactement te dire pourquoi (je vais tenter de faire un peu le clair), mais ce fin bouquin m’a absolument fascinée…

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Bouquin #158 : Niko, de Dimitri Nasrallah

[Niko – Dimitri Nasrallah – 2011]

Ça y est, La peuplade est venu à bout de l’Atlantique. Voici que ses textes débarquent en France, enrobés d’une charte graphique efficace et très séduisante (je ne t’en parle jamais assez ici, de la beauté visuelle des livres, mais nul doute que le ton d’une couverture pèse souvent dans mes attirances). Parmi les trois premiers tirs proposés cet hiver, un visage, un nom : Niko. Niko. Simplicité de l’éponyme. Et dans le résumé : l’exil, l’odyssée, les origines. Cela fleure bon le grand roman…

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Bouquin #157 : Attends-moi au ciel, capitaine, de Jorge Enrique Botero

[Attends-moi au ciel, capitaine – Jorge Enrique Botero – 2000 ; 2018 pour la traduction française chez Marchialy]

Pas un seul Marchialy n’a échappé à la règle d’être dévoré dans le train : il en va de même pour le petit dernier de la maison, et tout ce mouvement, selon qu’il soit aller ou retour, promesse ou au-revoir, donne à chaque bouquin sa teinte particulière… Dans ce cas, je suis dans un train aller, à l’aube. C’est une sensation joyeuse et il me faut une lecture tout pareil. Belle pioche, malgré les balles, malgré la soif, malgré les insultes et les crachats, car il est avant tout question d’amour fou et de dévotion pétillante…

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