Bouquin #113 : A moi seul bien des personnages, de John Irving

[A moi seul bien des personnages – John Irving – 2012]

On m’avait soufflé à l’oreille que ce n’était pas le meilleur Irving. Que je devrais commencer par Hôtel New Hampshire ou Le monde selon Garp ou peu importe : un autre, pas celui-là. Vrai, j’ai été déçue. Non pas dès le début, bien au contraire : j’ai mordu dans cette lecture avec enthousiasme, et cette plume tout juste découverte m’a enchantée un sacré bout de temps… Pas assez cependant pour éviter la lassitude, venue à la toute fin mais en grande pompe, avec son lot de soupirs et cette folle envie de jeter le tout par la fenêtre…

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Bouquin #112 : Amour sur une colline dénudée, de Anyi Wang

[Amour sur une colline dénudée – Anyi Wang – 1993]

Petite lecture choisie sur les bons conseils de mon pifomètre, et toute confiance placée dans les – toujours irrésistibles – éditions Picquier… Petite lecture qu’en apparence j’espérais choupette (pour changer du sordide De sang-froid), dont je n’attendais rien d’autre qu’un saut dans l’inconnu, de la tendresse sans trop de guimauve, des mots justes. J’ai été servie, et bien plus encore : de ce bouquin que j’abordais dans le hasard et sans trop d’espérances je retiens une agréable surprise, et des mots qui, dans leur expression de l’impossible, m’ont beaucoup émue. Lire la suite

Bouquin #111 : De sang-froid, de Truman Capote

[In cold blood – Truman Capote – 1966]

On ne peut pas déclarer aimer la narrative non-fiction sans jeter un œil du côté de son maître et inventeur… J’ai donc décidé, pour bien commencer le mois et après la lecture de Tokyo Vice, de combler mes lacunes et d’explorer les fondamentaux du genre : De sang-froid, de Capote, me semblait tout indiqué pour observer et comprendre l’étroite intrication entre roman et reportage, entre forme fictionnelle et faits réels. L’exercice m’a soufflée : je craignais un peu, au fond, de me retrouver face à un récit au ton sec et procédurier, mais fichtre, il n’en est rien ! Exceptionnel dès les premières lignes, tout aussi bien écrit que travaillé dans sa construction, De sang-froid m’a offert un moment addictif et inoubliable – moment que j’ai fait durer, durer pour le plaisir… Lire la suite

C’est le 1er, je balance tout ! (Février 2017)

Février, mois-express filé à grande vitesse et qui ne m’a pas laissé beaucoup de repos. Pas beaucoup de temps pour lire, non plus, malgré l’envie qui me démange de mordre dans ma PAL et de m’enfiler des pages en ribambelles. Quoi qu’il en soit, j’ai suffisamment de biscuit (et d’excellentes lectures) en stock pour la deuxième édition de ce bilan né chez Julia-Lupiot (pour les règles, c’est par ici). Lire la suite

Bouquin #110 : Tokyo Vice, de Jake Adelstein

[Tokyo Vice – Jake Adelstein – 2009]

Il faut parler, d’abord, de cette toute jeune maison d’édition. Marchialy. Une famille de passionnés sûrement un peu fous et leur pari osé (gagné !) de s’imposer dans le monde de la narrative non-fiction avec un premier bouquin costaud, solidement travaillé et à la com’ judicieusement assurée. Il faut parler, aussi, de l’objet : son illustration de couverture à couper le souffle, son rouge qui alerte et émoustille, son intérieur calibré, agréable à l’œil. Et puis ce titre : « Tokyo Vice », bon dieu, ça promet du lourd ! Lire la suite

Bouquin #109 : Incendies, de Wajdi Mouawad

[Incendies ; Le sang des promesses /2 – Wajdi Mouawad – 2003]

Incendier : foutre le feu et faire table rase. Tout détruire tout renverser, marcher en soldat sur le château de cartes – advienne que pourra. C’est avec cette image totale, sans pitié, de colère et de flammes que j’ai lu puis relu Incendies : deux fois, pour que les mots s’enfoncent et me heurtent à juste dose. Deux fois la violence, deux fois la stupéfaction – et toujours ce talent qui explose et ravage tout. Lire la suite

Bouquin #108 : Du domaine des Murmures, de Carole Martinez

[Du domaine des Murmures – Carole Martinez – 2011]

Serait-ce mon athéisme immuable ? Serait-ce mon manque d’empathie ? Ou bien l’ambiance de cette semaine passée la tête ailleurs que dans les livres, entre petits conflits et grandes promesses ? Il est vrai : j’ai été distraite ces derniers jours, et je n’ai peut-être par accordé au Domaine des Murmures ma pleine concentration – cela arrive. J’aurais aimé, pourtant, recevoir en réponse une main tendue, un fil irrésistible capable d’entraîner tout mon être dans cette histoire si alléchante vendue par le résumé… et en laquelle rien – presque rien – n’a éveillé mon attention. Lire la suite