Bouquin #171 : Le verger de marbre, d’Alex Taylor

[Le verger de marbre – Alex Taylor – 2014 ; VF 2016]

A la source d’une tragédie, parfois, la mort d’un homme.

A sa fin, toujours, la mort de tous les hommes.

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Bouquin #170 : Station Eleven, d’Emily St. John Mandel

[Station Eleven – Emily St. John Mandel – 2013 ; trad. 2016]

Je te parlais ici de l’importance d’élire LE bouquin à emmener en vacances, LE camarade valeureusement tiré de son sommeil de bibliothèque pour subir la torture d’un voyage en tête à tête avec une paire de tongs pas fraîches dans une valise trop petite, dont il ne sortira que pour passer entre toutes les mains – eh, fais donc voir ce que tu lis en ce moment ! – après avoir été essoré (froissé, corné, adoré) de gare en gare, sous de multiples néons. Bon, en vrai, mon sac comptait onze bouquins pour quinze jours de vacances (et pas assez de tee-shirts propres), mais un seul m’a suivie lors de mon mini-périple de cent-douze-mille heures (= un week-end) en train à travers la France des copains, et ce truc-là s’inscrit sans nul doute parmi mes trois meilleures lectures de 2018 so far, tellement c’est de la bombe, tellement c’est intense et brillant et impossible à lâcher.

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Bouquin #169 : Casting sauvage, d’Hubert Haddad

[Casting sauvage – Hubert Haddad – 2018]

A petite dose, Hubert Haddad requinque. J’ai sur sa plume un regard un peu tendre – tu en fais trop, parfois – et une grande admiration – tu en fais trop mais tu le fais bien. Ce n’est pourtant pas mon genre, les livres écrits au dictionnaire, surtout en ce moment où je rêve de textes toujours plus libres et spontanés, mais je me suis prise au jeu de cette errance verbeuse dans un Paris de cicatrices, et Casting sauvage m’a emportée.

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Bouquin #168 : L’art de la joie, de Goliarda Sapienza

[L’art de la joie – Goliarda Sapienza – 1998]

J’avais besoin d’un supplément d’Italie à mon excursion littéraire bien tiède du côté de la Basilicate (dont je te parle en vitesse par ici) : L’art de la joie, que je me réservais pour mes congés d’été, s’est ainsi imposé un peu plus vite que prévu – je n’ai pu résister à l’appel de la Sicile et de la liberté. Le voyage m’a pris deux semaines – deux semaines où je n’ai fait que penser à elle, Modesta, admirée, haïssable, furieuse, comédienne.

Je ne sais pas si j’ai aimé L’art de la joie. Mais ce bouquin m’a emportée comme jamais, et je t’en parle aujourd’hui en ramassant toutes mes ficelles et mes vides pour tenter de faire la paix, l’amour et surtout le clair avec Modesta.

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Bouquin #167 : Le bleu du lac, de Jean Mattern

[Le bleu du lac – Jean Mattern – 2018]

Entre mon père et mon mec, il y a un autre homme qui compte dans ma vie. C’est un appui et un complice, un brave type dont j’ai investi pas à pas le territoire et qui m’y a offert une juste place ainsi que quelques clés pour aborder un monde commun. Je ne t’en parle jamais ici, je me méfie des hommages et des déclarations, mais cette fois-ci plutôt qu’une autre la référence s’impose, peut-être parce qu’il sera question dans ce billet d’amour et de sensibilité et que ce sont des mots qui à mes yeux lui collent au corps, que ce texte, en vérité, ne pouvait m’être fourni par d’autres mains. Ce gars-là, donc, est à la fois collègue, ami et un peu mentor, je déteste ce terme, tu comprends l’idée. Il m’a filé ce bouquin comme plusieurs autres trésors dont je t’ai déjà parlé ici, , , et , et je te dis tout cela aujourd’hui, c’est ainsi, peut-être parce que j’ai le besoin d’afficher un bonheur, celui d’avoir trouvé un partenaire de jeu auprès de qui travailler la matière et le sens. Décidément (mais tu commences à en avoir l’habitude), je ne peux te parler d’un livre sans y mêler le sel de mon quotidien, tout comme je ne peux lire innocemment et à l’œillère, en occultant mes sources et mes gratitudes.

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Bouquin #166 : Bad News, d’Anjan Sundaram

[Bad News, derniers journalistes sous une dictature – Anjan Sundaram – 2016 ; 2018 en France chez Marchialy]

Grand retour d’Anjan Sundaram chez Marchialy : en voici un que j’ai attendu avec impatience, tant Kinshasa jusqu’au cou m’avait marquée, l’an dernier. A l’est d’une frontière, et avec plus de bouteille, le reporter retourne en terrain meurtri, cette fois-ci pour le compte de l’Union Européenne : dans le cadre d’un programme censé former un contingent de journalistes indépendants à la bonne pratique de leur métier, Sundaram prend poste à Kigali, capitale du Rwanda. Nous sommes en 2009, à quelques mois d’une nouvelle élection présidentielle, un temps où il ne fait pas bon sortir la plume pour écrire ce que l’on pense…

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Bouquin #165 : Le septième jour, de Yu Hua

[Le septième jour – Yu Hua – 2013 ; rééd en Babel poche 2018]

Lecture de hasard : je devais partir à Porto quelques jours entre copines, et afin de satisfaire aux bons désirs bagagiers des compagnies charter, j’ai du me restreindre à n’emporter qu’un tout petit mini riquiqui bouquin dans mon tout petit mini riquiqui sac à dos. Arrivée à l’aéroport, déconfiture : vol annulé, pas l’ombre d’un décollage pour les jours à venir, ravalez votre déception et circulez, y’a rien à voir. Je me retrouve donc, par dépit, à Nantes. Adieu les pasteis de nata et la livraria Lello. Bonjour l’orgie compensatoire de kouign-amann et la visite de rigueur chez Coiffard, temple de beau bois et de bonnes feuilles. C’est donc dans une librairie bien française, sans escalier majestueux à la Poudlard mais avec quelques solides échelles, que je trouve de quoi subsister et alourdir mon sac. Tout ça pour dire : sans les contrôleurs aériens et leurs grèves fort emmerdantes mais compréhensibles, je n’aurais sans doute jamais fourré mon nez dans le bouquin dont je m’apprête à te parler. Et j’y aurais sans doute perdu quelque chose…

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