Bouquin #127 : Personne ne gagne, de Jack Black

[Personne ne gagne – Jack Black – mai 2017 (réédition)]

En voilà un dont j’ai guetté la sortie avec avidité. Penses-tu : on me promet de l’aventure, du rail, des coffres à percer, et tout cela sous le bel enrobage de la collection des grands animaux chez Monsieur Toussaint Louverture ; je signe ! Et comme prévu, c’est aussi beau que bon : j’ai passé un excellent moment de cavale aux côtés du voyou Jack Black, à errer de bouges en prison, dans une ambiance de qui-vive éreintante mais tellement palpable, tellement humaine – bref, ce bouquin est sans surprise un petit bijou qui mérite amplement sa seconde vie.

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C’est le 1er, je balance tout ! (Juin 2017)

Dernière mouture avant ma loooongue pause de l’été (je prévois de revenir au 15 août avec plein de chouettes chroniques de la rentrée littéraire). Au programme aujourd’hui : du très bon, du moins bon, des idées lectures glanées ça et là même si je n’aurai jamais le temps de m’y atteler, deux trois trucs « bloguesques » qui m’ont aidée à réfléchir et à prendre du recul quant à mon activité en ligne, et un « joyeux nombril » pas foufou mais plein de bonne volonté. Pour les règles du jeu, comme toujours, rdv chez Lupiot.

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Bouquin #126 : Les rumeurs du Mississippi, de Louise Caron

[Les rumeurs du Mississippi – Louise Caron – mai 2017]

« Les éditions Aux forges de Vulcain […] ne croient pas au génie, elles croient au travail. […] Elles espèrent plaire et instruire. Elles souhaitent changer la figure du monde ».

Avec un tel motto, j’adhère. Immédiatement. Le bouquin prend ses aises au premier rang de ma pile à dévorer et je trépigne d’impatience à l’idée d’en faire mon festin du week-end. Lui et moi, on ira se bécoter au soleil sur la plage avant de finir en nuit blanche parce que je sens que ça va me plaire, j’ai des attentes énormes et une hâte tout aussi démesurée.

Je déchante à la deuxième page. Je me dis que ça va passer. Je persévère, je butte, je m’impatiente : a-t-il seulement quelque-chose sous le capot, ce roman ficelé à la pelle à tarte ? Peut-être, au fond : mais pour exhumer cette valeur-là, encore faudrait-il fournir un tant soit peu de travail éditorial, ne serait-ce qu’un vague effort…

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Bouquin #125 : Le Pavillon d’or, de Yukio Mishima

[Le Pavillon d’or – Yukio Mishima – 1956]

Toi qui traînes régulièrement en ce lieu, tu commences à connaître mes petites craintes : je n’approche les maîtres qu’à pas de loup, je renifle mille fois le morceau avant d’y planter mes crocs, bref, il me faut quelque temps pour faire germer la confiance et plonger. Itou, donc, pour Mishima : cela fait bien un an et des poussières que je souhaite découvrir le bonhomme sans oser franchir le seuil de son œuvre, briser l’aura intimidante, le mythe. Il y a quelques jours cependant, je me suis sentie prête. J’ai pris mes heures, mon calme, mes lignes de réflexions. J’ai construit ma lecture plus qu’elle ne fut linéaire, j’ai cherché des explications à mes pourquoi diable, j’ai marqué et gribouillé : j’ai choisi d’habiter le roman, de ne pas en laisser une seule miette.

Et j’en ressors à la fois épuisée et heureuse, embrouillée et stupéfaite, avec l’envie de tout laisser tomber pour bouffer du Mishima plein-pot. Ce qui arrivera, petit à petit, au fil des ans bien sûr, une fois digéré le premier pas, une fois établies mes impressions… ce que, cette fois-ci, je suis bien en mal de faire : prend donc la bafouille qui vient comme un cercueil de sensations cueillies à chaud et mal dégrossies, mais marinées d’enthousiasme – c’est ce qui compte.

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Bouquin #124 : Les douze balles dans la peau de Samuel Hawley, de Hannah Tinti

[Les douze balles dans la peau de Samuel Hawley – Hannah Tinti – 2017]

Oh l’heureuse surprise. La chouette histoire qui tombe à pic, change les idées, nous plie en quatre dans les valises de l’aventure et se dévore goulûment. Les personnages au sommet de leur rôle, ces bons copains que l’on peine à lâcher. La narration au poil, l’action pétaradante et rudement bien menée, les emprunts au cinéma, petits meurtres pour grands paysages, geyser de sang sur fond glaciaire, et puis l’amour, le vrai, donc sans larme ni cri ni exaltation superfétatoire, l’amour en silence ou qui peine à se dire, l’amour le plus beau car jusqu’à la mort : bref, que du bon et ça fait du bien.

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Bouquin #123 : L’ordre du jour, d’Eric Vuillard

[L’ordre du jour – Eric Vuillard – 2017]

Il m’avait bluffée à l’automne dernier avec 14 juillet : quelques phrases à peine et je nageais déjà dans la ferveur et la colère citoyenne d’un Paris bouillant, parmi les pics et les plombs. L’exaltation, immersive et servie crue : voilà donc ce que je cherchais, de nouveau, à travers ma lecture du dernier récit d’Eric Vuillard, qui sait décidément pointer sa plume vers ces moments que l’on dit « charnière », dans ces quelques instants qui dessinent l’Histoire et annoncent l’explosion. Cette fois-ci pourtant, le voyage diverge : pas de mouvements de foule, aucune clameur mais plutôt le silence entendu, l’aveuglement volontaire et les petites manigances du pouvoir – tapis rouge qui se déroule au-devant d’un certain Adolf, dont l’ascension n’a plus rien de surprenant lorsqu’un écrivain se charge de rétablir quelques vérités…

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Bouquin #122 : La coalition, d’Emmanuel Bove

[La coalition – Emmanuel Bove – 1927 ; réédition chez L’Arbre Vengeur : avril 2017]

Je ne connaissais pas Bove. Vu sur une table de la librairie et imaginé en énième contemporain français, ce qui a priori – parce que des a priori, j’en ai encore beaucoup trop – ne me botte pas des masses. Jusqu’à ce qu’un représentant de joyeuse humeur me fourre le bouquin entre les mimines en insistant : grand texte, grand texte. J’ai lu une deuxième fois, avec un peu plus d’attention, la quatrième de couverture. J’y ai appris que Bobovnikoff, dit Bove, est mort plutôt jeune – à 47 ans, en 1945 – et en est tombé dans l’oubli. Que La coalition est paru pour la première fois en 1927, et qu’il raconte la chute et les illusions de grandeur. Je me suis mordue les doigts d’avoir passé outre ce programme si alléchant, et j’ai rattrapé le retard.

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