Bouquin #117 : Vent de sable, de Joseph Kessel

[Vent de sable – Joseph Kessel – 1929]

D’un avion à l’autre… Je cherchais un supplément de voyage à me mettre sous la dent après ma lecture de Fille de l’air et me voici à tomber par un heureux hasard sur Vent de sable, posé comme un appel sur le dessus d’un de mes (bien trop nombreux et bien trop lourds) cartons de déménagement. Kessel : valeur sûre, et cette promesse toujours tenue d’un regard franc sur les hommes, leur courage et leurs accomplissements. Comme d’hab’, je suis conquise, je fonds d’admiration et – un peu – de nostalgie, bref : c’est le pied.

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Bouquin #116 : Fille de l’air, de Fiona Kidman

[Fille de l’air – Fiona Kidman – 2013 ; avril 2017 pour la traduction française]

C’est l’histoire d’une gamine que l’on voulait pianiste ou danseuse – métier d’art certes, mais « de femme ». C’est l’histoire d’une brindille coriace, d’une beauté dans le cambouis. C’est un sourire émail diamant sous le casque blanc de l’aventure, pour quatre ans de vol, de records et de gloire – puis la guerre, puis l’oubli. « Garbo des airs », la surnommait-on : surnom à peine repris par Fiona Kidman, qui livre, au delà du glamour et des robes de soie, un portrait intime et finement mené de son héroïne nationale, l’audacieuse et solitaire Jean Batten. Lire la suite

Bouquin #115 : La mélopée de l’ail paradisiaque, de Mo Yan

[La mélopée de l’ail paradisiaque – Mo Yan – 1988]

Quel titre ! Mais quel titre ! Malicieux, piquant, terriblement ironique : quelques mots assemblés en un sourire-fil-de-fer pour une histoire merdique, au fond du trou. Paradisiaque, ah, la belle affaire ! Le bel enfer ! Venez à jeun, mouchoir – et second degré – en poche : laissez-vous conter la pestilence et les coups de fouet, la révolte et les chaînes… et, sous ce magma de crasse, de désespoir, le combat d’un amour pur qui suffoque et file droit vers l’échec.

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Bouquin #114 : La mort du roi Tsongor, de Laurent Gaudé

[La mort du roi Tsongor – Laurent Gaudé – 2002]

A force de façonner mes goûts sur une base quasi-exclusive de plumes étrangères, je lis peu de littérature française, et mes lacunes en la matière me chagrinent : c’est dire, je n’avais jamais plongé, jusqu’à présent, dans la prose gaudéenne tellement vantée par mes pairs ! Qu’a cela ne tienne : un peu au hasard, ou peut-être mue par une envie de fatum à haute dose, j’ai ouvert La mort du roi Tsongor, et je me suis laissée – presque entièrement – séduire…

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C’est le 1er, je balance tout ! (Mars 2017)

Mais quel mois de Mars ! Quel fantastique et terrifiant mois de Mars, les amis ! Filé en une étincelle : entre bûchage de cours, préparation des mois à venir et passage impromptu à l’hosto, j’ai à peine trouvé le temps de manger du bouquin (mais promis, je me rattrape bientôt – je disais déjà cela le mois dernier), et c’est très frustrant. Pas assez cependant pour passer au travers de cet original bilan que je prends toujours autant de plaisir à rédiger (gloire à Lupiot pour l’invention de ce merveilleux rendez-vous) !

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Bouquin #113 : A moi seul bien des personnages, de John Irving

[A moi seul bien des personnages – John Irving – 2012]

On m’avait soufflé à l’oreille que ce n’était pas le meilleur Irving. Que je devrais commencer par Hôtel New Hampshire ou Le monde selon Garp ou peu importe : un autre, pas celui-là. Vrai, j’ai été déçue. Non pas dès le début, bien au contraire : j’ai mordu dans cette lecture avec enthousiasme, et cette plume tout juste découverte m’a enchantée un sacré bout de temps… Pas assez cependant pour éviter la lassitude, venue à la toute fin mais en grande pompe, avec son lot de soupirs et cette folle envie de jeter le tout par la fenêtre…

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Bouquin #112 : Amour sur une colline dénudée, de Anyi Wang

[Amour sur une colline dénudée – Anyi Wang – 1993]

Petite lecture choisie sur les bons conseils de mon pifomètre, et toute confiance placée dans les – toujours irrésistibles – éditions Picquier… Petite lecture qu’en apparence j’espérais choupette (pour changer du sordide De sang-froid), dont je n’attendais rien d’autre qu’un saut dans l’inconnu, de la tendresse sans trop de guimauve, des mots justes. J’ai été servie, et bien plus encore : de ce bouquin que j’abordais dans le hasard et sans trop d’espérances je retiens une agréable surprise, et des mots qui, dans leur expression de l’impossible, m’ont beaucoup émue. Lire la suite