Bouquin #98 : Continuer, de Laurent Mauvignier

98-continuer
[Continuer – Laurent Mauvignier – sept. 2016]

Cela ferait un excellent film : deux âmes en peine trimbalant leurs malheurs sur les pistes du Kirghizistan, deux condamnés galopant au grand air en guise de sauvetage avec, en toile de fond, une nature toute-puissante, sauvage et minérale.

Cela fait un bon bouquin. Oh, il a ses faiblesses : une belle couche de lyrisme, des personnages sculptés sur de vieux schémas, et ce maniement un brin facile de la tension dramatique… mais, au fond, il est parfois réconfortant de sortir violons et mouchoirs pour s’abandonner à un livre un peu tire-larmes et à la morale en guimauve – c’est-y pas mignon, me voilà toute attendrie. Lire la suite

Bouquin #97 : Le jour se lève et ce n’est pas le tien, de Frédéric Couderc

97-le-jour-se-leve-etc
[Le jour se lève et ce n’est pas le tien – Frédéric Couderc – 2016
NB : Mes critiques se basent sur la lecture d’un jeu d’épreuves non-corrigées.
Mes remerciements à Frédéric Couderc pour son attention
ainsi qu’aux éditions Héloïse d’Ormesson.]

J’aime que l’on me raconte des histoires. J’aime apprendre, flatter ma culture, trouver de la matière dans un roman et y plonger les mains. Encore faut-il que le conteur sache y faire : j’ai comme tout lecteur mes exigences, mes petites manies à satisfaire ; il me faut du style, des personnages un poil crédibles (ou au contraire caricaturés, mais avec maîtrise)… et du rythme, bon sang ! Trois points essentiels pour tisser un roman digne de ce nom… et trois points sur lesquels Le jour se lève et ce n’est pas le tien (sublime titre emprunté à Neruda) se plante, complètement. Et quel dommage, quand on sait que sous cet habillement romanesque bien mal cousu se cache une intention honnête et passionnée : nous parler d’un homme de bien, d’une figure héroïque et idéaliste de la révolution cubaine dont le nom ne résonne que trop peu : Camillo Cienfuegos. Lire la suite

Bouquin #96 : 14 Juillet, d’Eric Vuillard

96-14-juillet
[14 juillet – Eric Vuillard – 2016]

La Révolution, à première vue, ça me botte pas vraiment. Trop lointain. Trop éculé par des années d’enseignement à toujours scander la même ritournelle, sur le même air, avec les mêmes documents et les mêmes bouquins usés. Jusqu’à cette année, où, à l’université, je redécouvre cette période à la faveur d’un cours mêlant littérature et cinéma : certes, on se tape Pierre Michon et Rohmer et c’est d’un chiant incroyable, mais tout de même, il y a du bon dans ces vecteurs inattendus et inventifs, à mille lieues des sempiternels alignements de dates et de faits qui ont jalonné ma scolarité sans qu’on me les explique, ou si peu – il fallait faire vite avec les moyens du bord, et surtout, grands dieux, finir ce satané programme dans les temps. La Révolution, à présent, me plaît un peu plus, et surtout m’apparaît plus vivante, passionnelle : je comprends enfin toute son importance… voire même son actualité. Je baigne dedans, je la dissèque, j’explore ses résonances. Et par une heureuse coïncidence, 14 Juillet figurait sur la liste des ouvrages sélectionnés pour le prix #RDE… Lire la suite

Bouquin #95 : La succession, de Jean-Paul Dubois

95-la-succession
[La succession – Jean-Paul Dubois – 2016]

Et c’est reparti pour une nouvelle édition du prix du Roman des étudiants, auquel je participe une fois encore en tant que jurée ! Mine de rien, pour moi qui ne suis pas tellement férue de littérature française, à laquelle je préfère nettement la production étrangère, ce prix présente un avantage : celui de me faire découvrir quelques auteurs contemporains bien ancrés dans le monde des lettres, mais desquels je n’ai – à quelques exceptions près – jamais entendu parler… sûrement par manque d’intérêt. Le mois de Novembre sera donc 100% bleu-blanc-rouge sur le blog, et l’on commence dès à présent avec La succession, de Jean-Paul Dubois.
Lire la suite

Le mois, les mots #7

le mois les mots #7

Je lis moins. Ce n’est pas volontaire, c’est de saison. Chaque année, quand viennent les premiers jours d’automne, je déclenche une fonction hibernation qui me ralentit en tout – autrement dit, c’est un bon prétexte pour m’adonner à une glandouille totale qui, moralement, me fait du bien.

En conséquence, ce bilan-là fera l’état non pas d’un seul, mais de deux mois de lecture tranquillou – et comme d’habitude, je vous en présente les meilleures découvertes ! Lire la suite

Bouquin #94 : Visage retrouvé, de Wajdi Mouawad

94-visage-retrouve
[Visage retrouvé – Wajdi Mouawad – 2002]

Voici bien plusieurs mois qu’il me brûlait de découvrir l’écriture de Wajdi Mouawad ; toutefois, me sentant encore peu à l’aise avec le théâtre lorsqu’il est lu, j’ai préféré botter en touche et ne pas valdinguer à corps perdu hors de ma zone de confort : c’est ainsi par un roman – son premier – que j’ai goûté une première fois aux mots de l’artiste.

Bon sang de bois. Une bombe.

Lire la suite