Bouquin #137 : Les fils conducteurs, de Guillaume Poix (#RL2017)

[Les fils conducteurs – Guillaume Poix – 2017]

Que deviendra ton smartphone une fois hors d’usage ? Et ton ordinateur ? Et ton fer à repasser ? Peut-être tangueront-ils un temps au rythme d’un cargo avant de dégueuler d’un conteneur sur d’autres trucs à bips et à diodes et à fils. Au fil du temps, ça formera une montagne ; et cette montagne-là, que tu ne verras pas car elle est si lointaine, aura ses propres arpenteurs. Des gosses, douze-treize ans, mains et poumons à vif, qui désosseront ton bidule obsolète et y trouveront une maigre pitance. Le reste, le pas-valable, sera foutu à l’eau.

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Bouquin #136 : L’homme surnuméraire, de Patrice Jean (#RL2017)

[L’homme surnuméraire – Patrice Jean – septembre 2017]

A chaque rentrée son inclassable, ce truc un peu bizarre aux confins de plusieurs univers, à message voilé ou sans message du tout, ni direction, ni but. L’homme surnuméraire est un OLNI détonant, petit chimiste des belles lettres, bidouilleur de codes, je-m’en-foutiste et rusé comme un renard. Il faut s’attendre à tout, aimer le second degré et, surtout, garder à l’esprit que la littérature n’est qu’un vaste terrain de jeu sans lois ni lisières. Dès lors, la lecture devient festin.

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Bouquin #135 : Jeu blanc, de Richard Wagamese (#RL 2017)

[Jeu blanc – Richard Wagamese – 2012 ; sept. 2017 pour la traduction française]

Wagamese, je n’en avais jamais ouï un mot avant d’atterrir à Calligrammes et de voir le bonhomme en bonne place sur les tables – podium consacré par mon collègue (et même un peu mentor) féru de tout ce qui remue outre-Atlantique, et qui m’a fourré Jeu blanc entre les mains sitôt le cheval entré en piste.

Je lui dois une belle chandelle pour cette découverte.

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Bouquin #134 : Mon étincelle, d’Ali Zamir (#RL2017)

[Mon étincelle – Ali Zamir – 7 septembre 2017]

Mon étincelle, cette petite douceur à déguster comme un berlingot. Ce texte vif et lumineux aux saveurs fruitées – un livre à la crème, très justement relevé, un livre-soin à offrir aux aimés. Mon étincelle, c’est ce bouquin qui passe du coq à l’âne et du rire aux larmes, c’est à la fois le typique et l’universel, le pragmatique et le conte : c’est tendre et piquant, c’est absolument charmant, c’est un très chouette deuxième roman.

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Bouquin #133 : La fin de Mame Baby, de Gaël Octavia (#RL2017)

[La fin de Mame Baby – Gaël Octavia – 2017]

C’est un roman de femmes comme on en fait peu. Sans volonté de les montrer fortes ou en combat, sans parcours du néant à la consécration, sans obstacle franchi ni nécessité du dépassement de soi. C’est un roman de femmes banales et livrées brutes, qui tournent en rond avec leurs petites et grandes misères, leurs jalousies, leurs attaches. C’est un premier roman magnifique, de celui que j’aimerais offrir à toutes les étincelles de mon entourage, à commencer par ma mère, car il parle de ce que l’on a de plus intime et impalpable : notre relation au lien, à la communauté, nos rapports entre filles et celui, complexe et toujours en question, à notre corps comme terrain jamais neutre.

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Bouquin #132 : Point cardinal, de Léonor de Récondo (#RL2017)

[Point cardinal – Léonor de Récondo – 2017]

C’est le récit d’un être. C’est le récit d’un être qui dit : « je suis ». C’est, aussi, beaucoup d’audace : il en faut encore, hélas, pour produire une littérature de la transidentité, parler avec grâce d’un tabou injustifié. Alors, parfois, ça achoppe un peu, il y a quelques ratés, quelques idées communes. Je pardonne. Car ce que nous dit Léonor de Récondo, du fond de sa prose, c’est de ne faire qu’un, d’oser se montrer tel(le). C’est sans doute un livre un peu imprécis sur le sujet dont il s’inspire. Mais c’est un texte de courage et d’honneur, un récit foudroyant d’humanité, et très juste – une beauté.

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