Bouquin #89 : Cent ans de solitude, de Gabriel García Márquez

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[Cent ans de solitude – Gabriel García Márquez – 1967]

Lorsque j’ai décidé, il y a quelques années, de me remettre sérieusement à la lecture et d’étoffer ma culture par des indispensables morceaux littéraires du XXe siècle, j’ai acquis Cent ans de solitude, par souci idiot du must-have… et, toute peureuse à l’idée de me lancer tête la première dans « une des pièces maîtresses de la littérature sud-américaine à avoir lue absolument dans sa vie », j’ai laissé le monstre prendre ses aises au fin-fond de ma pile à lire, où il a sommeillé depuis, au bas mot, avril-mai 2013. Estúpida Lola.

Après avoir trimballé le charmant perroquet de couv’ de déménagement en déménagement, je me suis subitement réveillée de l’absurdité de la situation il y a de cela quelques semaines : cette fois-ci était la bonne, j’allais ENFIN m’y mettre et oser affronter l’arbre généalogique complexe, la plume splendide comme une leçon et la navigation ardue entre les multiples personnages aux noms quasi-identiques. Déterminée à me laisser happer en oubliant toutes mes craintes, j’ai abordé l’œuvre le cœur ouvert, avec du temps devant moi, l’esprit presque au repos… mais mon immersion chez les Buendias, quoique très belle et intimement enrichissante, m’a quelque peu laissée sur ma faim. Lire la suite

Tu liras moins bête #1 : WC feuillus, méduse pas si molle et porte-monnaie au safran…

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Alerte alerte, nouvelle rubrique à l’horizon ! Il y a peu, en me promenant parmi les lignes d’un bouquin exquis, j’ai été frappée d’une émotion que je n’avais pas ressentie depuis bien longtemps : celle de tomber sur un enseignement, très précis, comme une perle de connaissance qui m’attendais tapie au creux des pages. Depuis, je me suis amusée à relever les « facts » hétéroclites (et parfois inutiles !) disséminés çà et là par leurs auteurs, et s’ajoutant, mine de rien, à ma culture générale… Je vous livre ici un petit florilège… après vérification bien sûr !

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Bouquin #88 : Petit pays, de Gaël Faye

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[Petit pays – Gaël Faye – rentrée littéraire 2016]

La rentrée littéraire reste un phénomène qui me passe légèrement au-dessus des frisettes, pour son invariable mise en avant du monopole Galligrasseuil d’une part, mais aussi – avouons-le – parce que ma Pile à lire de six étages sans ascenseur tend à se barricader devant l’afflux de nouveautés très – trop ! – tentantes. J’ai tout de même noté au creux d’un carnet une sélection de titres qui me faisaient particulièrement envie… et il y a quelques jours, surprise : l’on m’offre Petit pays. Dévoré en une poignée d’heures, ce premier roman m’a laissée toute ébaubie, tant par la violence qu’il couve que par sa mise en mots empreinte d’une nostalgie très douce et d’un talent certain. Lire la suite

Bouquin #87 : La puissance et la gloire, de Graham Greene

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[La puissance et la gloire – Graham Greene – 1940]

Je croyais tout connaître du talent aigu et de l’excellence de Greene ; je me trompais. Car il y a eu La puissance et la gloire, cette masterpiece construite sur le terrain de la perfection. Soyons honnêtes : je suis une cible relativement facile lorsqu’il s’agit de sonder l’humanité dans ses méandres les plus obscurs, au-delà de tout manichéisme. Les histoires brutes et façonnées de questions existentielles me fascinent donc… mais rares sont les copies qui, à mes yeux difficiles, réussissent pleinement l’exercice : il y a toujours un manque par ici, une maladresse par là, et quelques moments d’apitoiement qui enfoncent le tout. Rien de tout cela chez Greene : le personnage avance nu, en errance, sans la sympathie de son auteur ; il agit comme en miroir de nos égarements, en appelle à notre culpabilité et nos doutes. Et c’est cette exposition sans pitié, à la fois très forte et terrifiante, qui m’a touchée en plein cœur. Lire la suite

Le mois, les mots #6 : quand vient la fin de l’été…

Eté 2016

Et bim, avec ce titre ô combien original et mûri pendant des heures, vous aurez Voulzy dans la tête pour toute la journée. Profitez-en, c’est gratuit ! Sur un « dernier baiser » au soleil, aux méduses et à la sérénité de l’été, j’achève deux mois de lectures formidables en vous en présentant, comme d’habitude, la crème de la crème. Et il est bien difficile d’opérer une sélection tant toutes mes découvertes furent surprenantes et bourrées de talent… Lire la suite

Bouquin #86 : Chroniques de l’oiseau à ressort, de Haruki Murakami

86 Chroniques de l'oiseau à ressort
[Chroniques de l’oiseau à ressort – Haruki Murakami – 1995]

Pas le moindre mot, ou plutôt, tous les mots à la fois. Pas la moindre idée, et toutes les pistes du monde à explorer. Dévoré en une semaine au fil de nuits pâles et délicieuses, Chroniques de l’oiseau à ressort me laisse le cerveau retourné, dans un vrac total – je tente depuis quelques jours de remettre les éléments à leur place pour tirer tout le jus de ce bouquin à la richesse infinie et souvent insondable.

Dans ma quête de clarté, j’ai fouiné à travers le web – une fois n’est pas coutume – en quête de ficelles exégétiques qui auraient pu, un tant soit peu, ramener un brin de lumière dans le fouillis de ma propre lecture… Las : il apparait, au fil des analyses semées çà et là par les internautes, que ce roman trouve un écho différent en chaque lecteur. A travers les strates de cet énorme pavé s’ouvrent ainsi une multitude de passages où s’engouffrer et où se perdre, à la recherche de réponses qui ne seront jamais données. Il y a de quoi égarer son bon sens, oublier ses repères, et la chronique qui suit sera surement – j’en suis bien désolée – à l’image de mon expérience : déboussolante, et déboussolée.

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Bouquin #85 : L’hibiscus pourpre, de Chimamanda NGozi Adichie

85 Purple Hibiscus
[L’hibiscus pourpre – Chimamanda NGozi Adichie – 2004]

L’été dernier, je connaissais un immense chagrin littéraire en quittant l’ « Americanah » Ifemelu et son ami Obinze, compagnons de papiers nés sous la plume brillante et explosive de Chimamanda NGozi Adichie. J’ai eu pour Americanah un amour fou, époumoné sur les toits et dans toutes les oreilles. Il en est de même avec L’hibiscus pourpre, premier roman de l’auteur, dont la lecture confirme haut et fort mon idée de départ : décidément, Adichie compte parmi les femmes de lettres les plus talentueuses de ce début de siècle ! Lire la suite