Bouquin #129 : Zabor ou Les psaumes, de Kamel Daoud (#RL2017)

[Zabor ou Les psaumes – Kamel Daoud – août 2017]

En toute honnêteté : j’ai sorti les rames. Et je ne peux qu’être un peu déçue face à ce Zabor si prometteur – mon premier Daoud, une impatience – et qui, pourtant, m’a épuisée comme une longue lutte. C’est qu’il regorge de beauté et d’évidence, ce beau livre, tout cousu de phrases si nettes et justes que l’on se prendrait volontiers à les recopier une par une tant chaque fil apporte au récit sa nécessaire étincelle. Tout cela aux dépens d’une narration très vite opaque, comme délaissée pour l’intellect et la morale de toute chose…

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Bouquin #128 : Une histoire des loups, d’Emily Fridlund (#RL2017)

[Une histoire des loups – Emily Fridlund – 17 août 2017]

J’ai attendu quelque temps – et beaucoup cogité – avant de me lancer dans la rédaction de ce billet. Histoire de mesurer les effets à long terme, de jauger les dégâts de la foudre une fois calmée la tempête. Quelques semaines après l’immersion, force est de constater : j’en suis toujours patraque, et repenser à l’expérience m’agace l’échine. Je cherche des qualificatifs. Étrange. Dérangeant. Organique. Sensible. Tout cela à la fois et encore : rien de suffisant, d’assez fort et oblique pour pleinement cerner la bête. Érotique. Glacé. Libérateur. Surpuissant.

On va commencer par ça : surpuissant. Lire la suite

Bouquin #127 : Personne ne gagne, de Jack Black

[Personne ne gagne – Jack Black – mai 2017 (réédition)]

En voilà un dont j’ai guetté la sortie avec avidité. Penses-tu : on me promet de l’aventure, du rail, des coffres à percer, et tout cela sous le bel enrobage de la collection des grands animaux chez Monsieur Toussaint Louverture ; je signe ! Et comme prévu, c’est aussi beau que bon : j’ai passé un excellent moment de cavale aux côtés du voyou Jack Black, à errer de bouges en prison, dans une ambiance de qui-vive éreintante mais tellement palpable, tellement humaine – bref, ce bouquin est sans surprise un petit bijou qui mérite amplement sa seconde vie.

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C’est le 1er, je balance tout ! (Juin 2017)

Dernière mouture avant ma loooongue pause de l’été (je prévois de revenir au 15 août avec plein de chouettes chroniques de la rentrée littéraire). Au programme aujourd’hui : du très bon, du moins bon, des idées lectures glanées ça et là même si je n’aurai jamais le temps de m’y atteler, deux trois trucs « bloguesques » qui m’ont aidée à réfléchir et à prendre du recul quant à mon activité en ligne, et un « joyeux nombril » pas foufou mais plein de bonne volonté. Pour les règles du jeu, comme toujours, rdv chez Lupiot.

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Bouquin #126 : Les rumeurs du Mississippi, de Louise Caron

[Les rumeurs du Mississippi – Louise Caron – mai 2017]

« Les éditions Aux forges de Vulcain […] ne croient pas au génie, elles croient au travail. […] Elles espèrent plaire et instruire. Elles souhaitent changer la figure du monde ».

Avec un tel motto, j’adhère. Immédiatement. Le bouquin prend ses aises au premier rang de ma pile à dévorer et je trépigne d’impatience à l’idée d’en faire mon festin du week-end. Lui et moi, on ira se bécoter au soleil sur la plage avant de finir en nuit blanche parce que je sens que ça va me plaire, j’ai des attentes énormes et une hâte tout aussi démesurée.

Je déchante à la deuxième page. Je me dis que ça va passer. Je persévère, je butte, je m’impatiente : a-t-il seulement quelque-chose sous le capot, ce roman ficelé à la pelle à tarte ? Peut-être, au fond : mais pour exhumer cette valeur-là, encore faudrait-il fournir un tant soit peu de travail éditorial, ne serait-ce qu’un vague effort…

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Bouquin #125 : Le Pavillon d’or, de Yukio Mishima

[Le Pavillon d’or – Yukio Mishima – 1956]

Toi qui traînes régulièrement en ce lieu, tu commences à connaître mes petites craintes : je n’approche les maîtres qu’à pas de loup, je renifle mille fois le morceau avant d’y planter mes crocs, bref, il me faut quelque temps pour faire germer la confiance et plonger. Itou, donc, pour Mishima : cela fait bien un an et des poussières que je souhaite découvrir le bonhomme sans oser franchir le seuil de son œuvre, briser l’aura intimidante, le mythe. Il y a quelques jours cependant, je me suis sentie prête. J’ai pris mes heures, mon calme, mes lignes de réflexions. J’ai construit ma lecture plus qu’elle ne fut linéaire, j’ai cherché des explications à mes pourquoi diable, j’ai marqué et gribouillé : j’ai choisi d’habiter le roman, de ne pas en laisser une seule miette.

Et j’en ressors à la fois épuisée et heureuse, embrouillée et stupéfaite, avec l’envie de tout laisser tomber pour bouffer du Mishima plein-pot. Ce qui arrivera, petit à petit, au fil des ans bien sûr, une fois digéré le premier pas, une fois établies mes impressions… ce que, cette fois-ci, je suis bien en mal de faire : prend donc la bafouille qui vient comme un cercueil de sensations cueillies à chaud et mal dégrossies, mais marinées d’enthousiasme – c’est ce qui compte.

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Bouquin #124 : Les douze balles dans la peau de Samuel Hawley, de Hannah Tinti

[Les douze balles dans la peau de Samuel Hawley – Hannah Tinti – 2017]

Oh l’heureuse surprise. La chouette histoire qui tombe à pic, change les idées, nous plie en quatre dans les valises de l’aventure et se dévore goulûment. Les personnages au sommet de leur rôle, ces bons copains que l’on peine à lâcher. La narration au poil, l’action pétaradante et rudement bien menée, les emprunts au cinéma, petits meurtres pour grands paysages, geyser de sang sur fond glaciaire, et puis l’amour, le vrai, donc sans larme ni cri ni exaltation superfétatoire, l’amour en silence ou qui peine à se dire, l’amour le plus beau car jusqu’à la mort : bref, que du bon et ça fait du bien.

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