Bouquin #201 : Maggie Exton, de Zoé Shepard

[Maggie Exton – Zoé Shepard – 2019]

C’était sympa, mais je n’ai rien compris. Du moins tout juste assez pour avoir envie de finir (bazarder ?) le bouquin au plus vite – au point où j’en étais rendue dans mon gouffre d’ignorance, j’aurais d’ailleurs dû m’accorder le plaisir de sauter des pages, cela m’aurait épargné bien des heures inutiles à pester contre la construction de ce roman. Pas un mauvais roman, attention : juste terriblement mal foutu – d’autant plus que mon cerveau, en bon mouton aoûtien, a tiré les persiennes et me laisse ramer seule…

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Bouquin #200 : Partiellement nuageux, d’Antoine Choplin

[Partiellement nuageux – Antoine Choplin – 2019]

J’écris aujourd’hui la deux-centième chronique de ce coin du web – pour l’occasion, j’ai réservé une petite douceur, de ces textes très courts à lire d’une traite à faible lumière, comme une escapade poétique à demi-secrète. Cela fait du bien, de temps en temps, entre deux pavés narratifs, de grignoter un opuscule plus confidentiel, peu de pages, une respiration. Aujourd’hui donc, voyage en terres de mémoire, dans un Chili partiellement nuageux, sous la plume lumineuse et simple d’Antoine Choplin.

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Bouquin #199 : Idaho, d’Emily Ruskovich

[Idaho – Emily Ruskovich – 2017]

Malgré moi, je suis restée en Idaho. C’est comme une nausée persistante, un mauvais bourdonnement collé au crâne. Je regarde le bouquin, posé sur mon bureau, et je pense : pouah ! Détestation, fascination.

Peut-être n’était-ce pas le meilleur choix comme lecture de vacances. Peut-être n’était-ce pas non plus une brillante idée que de s’acharner sur cette sombre histoire d’infanticide et de folie lorsque l’on s’apprête soi-même à entrer en maternité. Idaho m’a plombé le moral, j’ai un mal fou à m’en défaire – c’est pourtant un roman brillant, dans son audace et sa complexité.

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Bouquin #198 : La lune s’enfuit, de Rax Rinnekangas

[La lune s’enfuit – Rax Rinnekangas – 1991]

Mot d’ordre de l’été : découvrir. Après mon tout premier (et beaucoup aimé) Saramago, j’ai enchaîné sur l’inconnu : ce minuscule bouquin pioché au pifomètre à la médiathèque et dévoré à l’aube le temps d’un court voyage en train. Le lieu de ma lecture a son importance : j’en garde le souvenir d’un mouvement limpide et irrévocable – celui qui me conduit bienheureusement vers les montagnes ; celui qui éloigne fatalement les trop jeunes héros de leur enfance…

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Bouquin #197 : Tous les noms, de José Saramago

[Tous les noms – José Saramago – 1997]

J’ai attendu les congés comme le Messie avec la délicieuse conviction que cela m’offrirait enfin le temps pour lire – et pour lire autre chose que de la nouveauté-nouvelle, parenthèse bénie entre les alléchantes parutions de printemps et la prodigieuse rentrée à venir. C’est bien là un des inconvénients d’être venue trop jeune au métier de libraire : il ne me laisse que peu d’espace pour ces petites séances de rattrapage, où je bouquine avant tout pour me faire plaisir – aussi pour aborder, enfin, de grandes plumes jusque-là ignorées. Au pifomètre de ce panthéon nécessaire et fantasmé (et par hasard d’une trouvaille de brocante !), j’ai choisi Saramago : trois jours et trois nuits de loufoqueries éclairées en compagnie d’un bien curieux personnage…

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Bouquin #196 : Les habits du plongeur abandonnés sur le rivage, de Vendela Vida

[Les habits du plongeur abandonnés sur le rivage – Vendela Vida – VF printemps 2019]

En voici un que je conseille à toutes nos clientes en quête d’une lecture « fraîche pour l’été, pas prise de tête, quelque chose de léger mais pas gnangnan, vous voyez ? » Je dis clientES à dessein : si d’ordinaire je suis plutôt réticente à l’idée de binariser la littérature à base d’a priori genrés, Les habits du plongeur […] fait à mes yeux exception : c’est un livre puissamment féminin, sororal avant tout, le regard tantôt cruel, tantôt compatissant d’une femme – l’autrice – sur les mésaventures burlesques de son héroïne – laquelle pourrait tout à fait être nous-même, puisque le texte est au « tu », et nous plonge d’emblée dans le cauchemar de la débrouille…

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Bouquin #195 : Les domestiques, de Gustavo Bossert

[Les domestiques – Gustavo Bossert – 2001]

Lecture de hasard, puisqu’elle me fut confiée, à l’aube d’une nuit printanière passée à parler bouquins, par un voisin curieux et passionné. Lecture forcément douce et heureuse, née de cette amitié exquise ; lecture hors du temps aussi, car ce bonbon n’est plus diffusé depuis des lustres, et qu’il me tire le nez au dehors de mes piles de nouveauté – une respiration (enfin!), deux soirées exilée au milieu de nulle part, aux côtés d’un couple vieillissant et de leurs tyranniques serviteurs…

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