Bouquin #140 : Mémoires d’Hadrien, de Marguerite Yourcenar

[Mémoires d’Hadrien – Marguerite Yourcenar – 1951]

Peut-être un soudain besoin de recul, de sagesse, de latin, de toutes ces choses présumées d’une grande œuvre que l’on souhaite remède ou savoir ou que sais-je encore. Et comme à chaque fois qu’il s’agit de pousser la première page d’un monument de la littérature, me voici à aborder ces « mémoires » bieeeeen longtemps après avoir reniflé le morceau, dans l’envie et la crainte – effroi stupide face aux grands textes, mais je n’y peux rien (ça vous arrive à vous aussi, de flipper face à la renommée d’une œuvre ? Franchement, dites-le moi, je me sentirai moi seule 🙂 !).

J’ai fait bon voyage. L’exercice m’a complètement subjuguée, la prose emmenée où je voulais : loin, loin, loin, sur des terres anciennes et au cœur de l’âme humaine – l’héritage et l’intime en réponse à mes questions de jeune citoyenne pas toujours adaptée au monde.

Lire la suite

Publicités

Bouquin #139 : Pedro Páramo, de Juan Rulfo

[Pedro Páramo – Juan Rulfo – 1955]

Qu’elles sont douces et hors du temps, les lectures de vacances ! J’avais choisi, pour ma bienheureuse semaine de congés, plusieurs classiques à dévorer l’esprit libre, sans imminence de la nouveauté, afin de goûter – comme cela m’avait manqué ! – au juste recul de textes mûrs et socles. De la lecture de rattrapage, du plaisir brut, de l’éducation. Je n’ai eu, au final, qu’un compagnon de repos : Pedro Páramo, longtemps convoité et gardé au chaud pour les jours de calme. Je l’ai lu avec parcimonie, quelques pages par ci, quelques lignes par là, pour le simple bonheur de faire durer l’ambiance, de ne jamais quitter les terres nues et bouillantes du Mexique comme j’aurais aimé ne jamais quitter mes montagnes et ma pouzzolane auvergnate. Une pleine semaine, donc, aux côtés de ce livre étrange et cousu de cris, que je brûle déjà de relire tellement je l’ai aimé…

Lire la suite

Bouquin #138 : Le dernier des yakuzas, de Jake Adelstein

[Le dernier des yakuzas – Jake Adelstein – 2017 – Merci Marchialy pour le SP ! 🙂 ]

Qu’est devenu le culotté Jake Adelstein après avoir balancé les frasques illégales de Tadamasa Goto, ponte de la mafia japonaise, par voie de presse ? On peut parier que le bonhomme, pour intrépide qu’il soit, a plutôt chaud aux fesses. Et pour cause : le Parrain et toute sa clique, version Soleil levant et cerisiers en fleurs, s’est lancé à ses trousses et compte bien avoir sa peau. Mais le journaliste ne se laisse pas intimider : il réplique en engageant pour garde du corps un ancien yakuza au ravissant surnom de « Tsunami » et aux manières tout aussi brutales. C’est ainsi que Saigo, faux repenti en disette de violence, fait son entrée dans la vie d’Adelstein. Et que ce dernier, par contrat de mégalomanie, se retrouve à écrire, en échange, la biographie de son protecteur…

Lire la suite

Bouquin #137 : Les fils conducteurs, de Guillaume Poix (#RL2017)

[Les fils conducteurs – Guillaume Poix – 2017]

Que deviendra ton smartphone une fois hors d’usage ? Et ton ordinateur ? Et ton fer à repasser ? Peut-être tangueront-ils un temps au rythme d’un cargo avant de dégueuler d’un conteneur sur d’autres trucs à bips et à diodes et à fils. Au fil du temps, ça formera une montagne ; et cette montagne-là, que tu ne verras pas car elle est si lointaine, aura ses propres arpenteurs. Des gosses, douze-treize ans, mains et poumons à vif, qui désosseront ton bidule obsolète et y trouveront une maigre pitance. Le reste, le pas-valable, sera foutu à l’eau.

Lire la suite

Bouquin #136 : L’homme surnuméraire, de Patrice Jean (#RL2017)

[L’homme surnuméraire – Patrice Jean – septembre 2017]

A chaque rentrée son inclassable, ce truc un peu bizarre aux confins de plusieurs univers, à message voilé ou sans message du tout, ni direction, ni but. L’homme surnuméraire est un OLNI détonant, petit chimiste des belles lettres, bidouilleur de codes, je-m’en-foutiste et rusé comme un renard. Il faut s’attendre à tout, aimer le second degré et, surtout, garder à l’esprit que la littérature n’est qu’un vaste terrain de jeu sans lois ni lisières. Dès lors, la lecture devient festin.

Lire la suite

Bouquin #135 : Jeu blanc, de Richard Wagamese (#RL 2017)

[Jeu blanc – Richard Wagamese – 2012 ; sept. 2017 pour la traduction française]

Wagamese, je n’en avais jamais ouï un mot avant d’atterrir à Calligrammes et de voir le bonhomme en bonne place sur les tables – podium consacré par mon collègue (et même un peu mentor) féru de tout ce qui remue outre-Atlantique, et qui m’a fourré Jeu blanc entre les mains sitôt le cheval entré en piste.

Je lui dois une belle chandelle pour cette découverte.

Lire la suite

Bouquin #134 : Mon étincelle, d’Ali Zamir (#RL2017)

[Mon étincelle – Ali Zamir – 7 septembre 2017]

Mon étincelle, cette petite douceur à déguster comme un berlingot. Ce texte vif et lumineux aux saveurs fruitées – un livre à la crème, très justement relevé, un livre-soin à offrir aux aimés. Mon étincelle, c’est ce bouquin qui passe du coq à l’âne et du rire aux larmes, c’est à la fois le typique et l’universel, le pragmatique et le conte : c’est tendre et piquant, c’est absolument charmant, c’est un très chouette deuxième roman.

Lire la suite