Bouquin #33 : The old man and the sea (Le vieil homme et la mer), d’Ernest Hemingway

[Le vieil homme et la mer – Ernest Hemingway – 1952]

J’ai quitté le yacht du Marin de Gibraltar pour voguer sur le Gulf Stream en compagnie d’un vieux loup de mer à la recherche de gros poisson – ou seraient-ce ses propres limites que le pêcheur poursuit dans les courants chauds au large de la Havane ? Voilà longtemps que je souhaitais embarquer dans ce court récit auréolé par la critique ; j’y ai trouvé ce que tous acclament : le conte formidable d’un corps à corps entre l’homme et la nature, où l’on ne sait plus qui mène l’autre, ni quelle sera l’issue de cette danse fraternelle mise en mots par la plume simple et puissante, organique, d’Hemingway.

Le vieil homme et la mer

Il y a, sur la côte, un pêcheur hors d’âge, que l’on imagine ridé comme un parchemin, tanné par le feu du soleil, les mains tremblantes, les muscles roides. Il y a, dans l’océan, un poisson gigantesque, un marlin admirable pour la beauté de sa silhouette et le prix de sa chair. C’est un matin baigné de pauvreté, un matin au lendemain de jours creux et le vieil homme hisse les voiles et prend la mer, le lecteur à la poupe. On le suit, on l’observe s’affairer à ses gestes de marin, on sent le sel et le vent et la brûlure de midi, on admire l’océan que l’homme amadoue et apprivoise. Puis une secousse : c’est le poisson, piégé par l’hameçon qui ébranle l’esquif et fait naître l’espoir dans l’esprit du vieux pêcheur : c’en est fait de la faim, le fruit de son travail s’agite à quelques pieds en profondeur.

L’histoire, bien entendu, ne fait que commencer, et s’engage entre l’homme et son captif une longue lutte étrange et obstinée, jusqu’à l’épuisement des deux êtres. S’il ne fallait retenir qu’une seule image du Vieil homme et la mer, ce serait celle, si éloquente, de l’homme épuisé et du marlin frondeur liés, corps humain à corps de poisson, par cette même ligne de pêche, dans une solitude partagée au milieu de l’océan. Le poisson se fait alors le fidèle compagnon de l’homme, son image sous-marine, et Hemingway nous conte cette fraternité et le respect du pêcheur pour l’être qu’il tuera, car c’est sa condition, son travail, sa fin de la faim.

La prose est sobre, mais redoutablement efficace. Le récit court et saisissant. La beauté, cruelle et inégalable. Le Vieil homme et la mer est ainsi de ces romans à lire absolument, pour l’intemporalité de l’histoire et la puissance du lien respectueux qui unit le vieil homme à sa mer, le lecteur à sa terre.

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8 réflexions sur “Bouquin #33 : The old man and the sea (Le vieil homme et la mer), d’Ernest Hemingway

  1. Le vieil homme et la mer.. J’avais vu une représentation théâtrale de ce conte quand j’étais beaucoup plus jeune, je l’avais adorée. C’était si beau et pleins de sens. Je lirais surement cette re-interpretation ! Au passage je t’ai nominée pour un TAG si ça t’interesse (:

    Aimé par 1 personne

    1. Ça doit être génial une fois porté sue scène ! Il y a aussi le court métrage d’un artiste russe dont je ne me rappelle pas le nom, qui a adapté le Vieil homme et la mer en images par de la peinture sur verre. C’est très beau.
      Merci d’avoir pensé à moi mais je ne fais pas de tag, je n’aime pas trop 🙂

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      1. Oui, c’était vraiment super bien, les artistes étaient géniaux .
        Oh, je vais me renseigner la dessus, ça doit être super oui.

        Je comprend, j’ai hésité trois mois avant de le faire x)

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