Bouquin #138 : Le dernier des yakuzas, de Jake Adelstein

[Le dernier des yakuzas – Jake Adelstein – 2017 – Merci Marchialy pour le SP ! 🙂 ]

Qu’est devenu le culotté Jake Adelstein après avoir balancé les frasques illégales de Tadamasa Goto, ponte de la mafia japonaise, par voie de presse ? On peut parier que le bonhomme, pour intrépide qu’il soit, a plutôt chaud aux fesses. Et pour cause : le Parrain et toute sa clique, version Soleil levant et cerisiers en fleurs, s’est lancé à ses trousses et compte bien avoir sa peau. Mais le journaliste ne se laisse pas intimider : il réplique en engageant pour garde du corps un ancien yakuza au ravissant surnom de « Tsunami » et aux manières tout aussi brutales. C’est ainsi que Saigo, faux repenti en disette de violence, fait son entrée dans la vie d’Adelstein. Et que ce dernier, par contrat de mégalomanie, se retrouve à écrire, en échange, la biographie de son protecteur…

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Bouquin #125 : Le Pavillon d’or, de Yukio Mishima

[Le Pavillon d’or – Yukio Mishima – 1956]

Toi qui traînes régulièrement en ce lieu, tu commences à connaître mes petites craintes : je n’approche les maîtres qu’à pas de loup, je renifle mille fois le morceau avant d’y planter mes crocs, bref, il me faut quelque temps pour faire germer la confiance et plonger. Itou, donc, pour Mishima : cela fait bien un an et des poussières que je souhaite découvrir le bonhomme sans oser franchir le seuil de son œuvre, briser l’aura intimidante, le mythe. Il y a quelques jours cependant, je me suis sentie prête. J’ai pris mes heures, mon calme, mes lignes de réflexions. J’ai construit ma lecture plus qu’elle ne fut linéaire, j’ai cherché des explications à mes pourquoi diable, j’ai marqué et gribouillé : j’ai choisi d’habiter le roman, de ne pas en laisser une seule miette.

Et j’en ressors à la fois épuisée et heureuse, embrouillée et stupéfaite, avec l’envie de tout laisser tomber pour bouffer du Mishima plein-pot. Ce qui arrivera, petit à petit, au fil des ans bien sûr, une fois digéré le premier pas, une fois établies mes impressions… ce que, cette fois-ci, je suis bien en mal de faire : prend donc la bafouille qui vient comme un cercueil de sensations cueillies à chaud et mal dégrossies, mais marinées d’enthousiasme – c’est ce qui compte.

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Bouquin #110 : Tokyo Vice, de Jake Adelstein

[Tokyo Vice – Jake Adelstein – 2009]

Il faut parler, d’abord, de cette toute jeune maison d’édition. Marchialy. Une famille de passionnés sûrement un peu fous et leur pari osé (gagné !) de s’imposer dans le monde de la narrative non-fiction avec un premier bouquin costaud, solidement travaillé et à la com’ judicieusement assurée. Il faut parler, aussi, de l’objet : son illustration de couverture à couper le souffle, son rouge qui alerte et émoustille, son intérieur calibré, agréable à l’œil. Et puis ce titre : « Tokyo Vice », bon dieu, ça promet du lourd ! Lire la suite

Bouquin #86 : Chroniques de l’oiseau à ressort, de Haruki Murakami

[Chroniques de l’oiseau à ressort – Haruki Murakami – 1995]

Pas le moindre mot, ou plutôt, tous les mots à la fois. Pas la moindre idée, et toutes les pistes du monde à explorer. Dévoré en une semaine au fil de nuits pâles et délicieuses, Chroniques de l’oiseau à ressort me laisse le cerveau retourné, dans un vrac total – je tente depuis quelques jours de remettre les éléments à leur place pour tirer tout le jus de ce bouquin à la richesse infinie et souvent insondable.

Dans ma quête de clarté, j’ai fouiné à travers le web – une fois n’est pas coutume – en quête de ficelles exégétiques qui auraient pu, un tant soit peu, ramener un brin de lumière dans le fouillis de ma propre lecture… Las : il apparait, au fil des analyses semées çà et là par les internautes, que ce roman trouve un écho différent en chaque lecteur. A travers les strates de cet énorme pavé s’ouvrent ainsi une multitude de passages où s’engouffrer et où se perdre, à la recherche de réponses qui ne seront jamais données. Il y a de quoi égarer son bon sens, oublier ses repères, et la chronique qui suit sera surement – j’en suis bien désolée – à l’image de mon expérience : déboussolante, et déboussolée.

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Bouquin #81 : Le peintre d’éventail, de Hubert Haddad

[Le peintre d’éventail – Hubert Haddad – 2014]

Si d’aventure vous vous retrouvez, un jour, dans ce département tout perdu mais au charme certain qu’est la Haute-Loire, munissez-vous de chaussures de rando et partez vadrouiller du côté de Rosières. Il y a, dans les parages, un hameau tout esseulé qui abrite une grande merveille : la librairie café de la Maison Vieille. C’est en ce lieu magique, et poussée par les conseils de la libraire, que j’ai cueilli ma dernière lecture : une première découverte de l’auteur Hubert Haddad avec un roman japonisant au très joli titre, Le peintre d’éventail. Lire la suite

Bouquin #76 : Pays de neige, de Yasunari Kawabata

[Pays de neige – Yasunari Kawabata – 1935/1948]

Je n’ai rien compris.

Je n’ai vraiment, absolument rien compris.

Qu’il s’agisse, d’ailleurs, du fond comme de la forme : la narration m’est apparue aussi opaque que la structure même de ce roman, que j’espérais contemplatif, très poussé sur l’esthétique, et qui, en vérité, m’a semblé construit sur de multiples défauts.

L’on m’a notifié, sur Twitter, que je lisais « au kilomètre » et qu’en conséquence, je ne pouvais comprendre que le plus facile de la littérature. La remarque m’a fait sourire – m’a piquée également – mais elle comporte tout de même une part de vérité : certes, je ne lis pas avec un esprit marathonien – que cela soit clair – mais en ce qui concerne la littérature japonaise, très éloignée de la culture occidentale, beaucoup d’œuvres restent inaccessibles à mon instinct de débutante. Je suppose que ce premier roman de Kawabata (l’auteur a obtenu le Nobel en 1968) en fait partie, et je le classe d’ores et déjà sur la liste des textes à relire lorsque j’aurais approfondi mes connaissances sur le pays du Soleil levant.

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Bouquin #72 : Memoirs of a geisha, d’Arthur Golden

[Memoirs of a geisha – Arthur Golden – 1997]

En rade de Duras, j’ai pioché ma lecture au petit bonheur la chance parmi les piles de bouquins ramenés d’Angleterre, il y a quelques mois. Je me réjouissais à l’idée de découvrir une belle histoire, très romanesque, avec son piquant d’exotisme et ses jalons historiques… et je suis tombée sur un best-seller par moments imbuvable, car d’une longueur affolante et ouvertement paternaliste de surcroit.

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