Bouquin #76 : Pays de neige, de Yasunari Kawabata

[Pays de neige – Yasunari Kawabata – 1935/1948]

Je n’ai rien compris.

Je n’ai vraiment, absolument rien compris.

Qu’il s’agisse, d’ailleurs, du fond comme de la forme : la narration m’est apparue aussi opaque que la structure même de ce roman, que j’espérais contemplatif, très poussé sur l’esthétique, et qui, en vérité, m’a semblé construit sur de multiples défauts.

L’on m’a notifié, sur Twitter, que je lisais « au kilomètre » et qu’en conséquence, je ne pouvais comprendre que le plus facile de la littérature. La remarque m’a fait sourire – m’a piquée également – mais elle comporte tout de même une part de vérité : certes, je ne lis pas avec un esprit marathonien – que cela soit clair – mais en ce qui concerne la littérature japonaise, très éloignée de la culture occidentale, beaucoup d’œuvres restent inaccessibles à mon instinct de débutante. Je suppose que ce premier roman de Kawabata (l’auteur a obtenu le Nobel en 1968) en fait partie, et je le classe d’ores et déjà sur la liste des textes à relire lorsque j’aurais approfondi mes connaissances sur le pays du Soleil levant.

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Bouquin #32 : Le marin de Gibraltar, de Marguerite Duras

[Le marin de Gibraltar – Marguerite Duras – 1952]

D’un Duras à l’autre. Début Novembre, je me laissais envoûter par L’Amant, et faisais de ce cru Goncourt 1984 une de mes plus belles découvertes de 2015. Longtemps j’avais entendu parler de Duras, longtemps je m’étais laissé conter la beauté de sa plume, jusqu’à franchir le pas, tourner une page et m’avouer vaincue, séduite. Et puisque je ne pouvais m’arrêter à cet éclair d’amour fou, j’allai demander à mon libraire par où continuer, quelle piste suivre pour ne pas m’égarer dans ma découverte de l’auteur et de son écriture si particulière, lapidaire, elliptique, furieuse. C’est ainsi que j’ai pris la mer avec un roman de ses débuts – 1952, Le marin de Gibraltar
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Bouquin #29 : Tendre est la nuit, de Francis Scott Fitzgerald

[Tendre est la nuit – F. S. Fitzgerald – 1934]

« C’est très beau », m’avait promis la libraire, lorsque je me décidai pour Tendre est la nuit. Et sur ce point, je ne peux la contester : l’écriture de Fitzgerald est douce, enveloppante, tissée d’une suave mélancolie… mais ce récit, quel ennui ! Certes, l’auteur dépeint, à travers les personnages de Dick et Nicole Diver, ses propres troubles, teintés de la folie de sa femme Zelda, et Tendre est la nuit s’avère sans doute très intéressant pour qui s’intéresse quelque peu au romancier. Mais, à trop se perdre dans des fresques mondaines interminables et déliées, ce travail d’introspection reste à mon goût trop peu perceptible, presque inabouti. La fin seulement redonne du souffle au récit – ou serait-ce le soulagement d’un adieu prochain aux personnages qui déforme mon jugement ? Quoi qu’il en soit, vous vous en doutez : j’ai été amèrement déçue par Tendre est la nuit, malgré la plume incontestablement belle de Fitzgerald. Lire la suite

Bouquin #27 : Bye Bye Blondie, de Virginie Despentes

[Bye bye Blondie – Virginie Despentes – 2004]

L’on m’avait prévenue du style de Despentes : énervé, viscéral, ambiance crise d’ado dans ce qu’elle a de plus noble – une certaine terreur du vide et l’envie magnétique d’y sauter à pieds joints. Cette plume gorgée d’acides, soit on l’aime soit on la déteste, avais-je lu un peu partout. Et c’est bien cela le problème : sur Bye Bye Blondie, je n’arrive pas à me faire un avis. L’écriture de Despentes m’a aussi bien fait glapir d’énervement que tourner les pages avec avidité, mi agacée, mi enchantée. Essayons d’aplatir ces vents d’émotion sur papier pour y voir plus clair… Lire la suite