Bouquin #169 : Casting sauvage, d’Hubert Haddad

[Casting sauvage – Hubert Haddad – 2018]

A petite dose, Hubert Haddad requinque. J’ai sur sa plume un regard un peu tendre – tu en fais trop, parfois – et une grande admiration – tu en fais trop mais tu le fais bien. Ce n’est pourtant pas mon genre, les livres écrits au dictionnaire, surtout en ce moment où je rêve de textes toujours plus libres et spontanés, mais je me suis prise au jeu de cette errance verbeuse dans un Paris de cicatrices, et Casting sauvage m’a emportée.

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Bouquin #71 : La douleur, de Marguerite Duras

[La douleur – Marguerite Duras – 1985]

Il y a, en littérature, toute une production de récits plaisants, véritables moments de grâce, de poésie, d’émotion parfois, merveilles de l’imagination et de la réflexion, pépites inoubliables : bref, du très beau, et du très bon. Pourtant, jamais – ou presque jamais – un écrit ne m’a, je pense, autant bousculée que « La douleur ». Je ne parle pas du recueil en soi, qui regroupe plusieurs textes rédigés pendant les deux dernières années de l’Occupation ou inspirés de cette période, mais de sa seule pierre de voûte : un journal livré dans sa matière brute, où l’écrivain, sans souci de la forme, oscille entre lumière et désespoir dans l’attente de l’homme qu’elle a aimé, Robert Antelme, déporté en 1944 à Dachau. Lire la suite

Bouquin #70 : Dix heures et demie du soir en été, de Marguerite Duras

[Dix heures et demie du soir en été – Marguerite Duras – 1960]

Le soleil, l’Espagne et ses manzanillas que l’on boit au frais. L’orage sanguinaire, la naissance du désir, et un triangle amoureux d’une sensualité palpable, incandescente, sur le point de se donner à voir. Au soir, un double meurtre… Dans ma découverte de l’œuvre Durassienne, j’ai pioché au hasard ce titre à la fois précis et très poétique, comme un appel aux vacances, à la fraîcheur, au repos du crépuscule. J’en ressors à la fois conquise et très agacée… Lire la suite