2017 – et ce qu’il advient de cet espace

Prendre mon temps, disais-je.

La belle affaire.

2017, ton temps ne fut ni mien, ni pris. Mais je ne regrette rien de cette double ellipse qui, malgré sa propension à me donner le tournis, en valait largement la peine.

C’est que je ne réalise toujours pas, quelques mois après atterrissage, le pourquoi du comment de ma chance inouïe. 2017, tu m’as offert le boulot-de-mes-rêves – et l’Atlantique, à moi, fille de la montagne. 2017, tu m’as planté d’autres racines à l’ouest de mon enfance.

Tu as d’ailleurs repris au monde la dernière pierre de cette enfance-là.

Et tu m’as poussée. Au devant de mes barricades, de mes incapacités. 2017, tu fus l’année de l’improvisation, du mimétisme béat, de l’apprentissage – nouveaux mots, nouveaux messies. Tu m’as fait douter, cogiter, rougir ; tu as joué avec ma confiance, et je me sens quelquefois comme une forteresse au pied vide, aux murs rongés.

2017, tu m’as vue glapir plus souvent qu’à l’ordinaire – glapir quelques secondes une fois seule pour relâcher toute honte, puis me pelotonner et bercer le corps, bercer, bercer : cri et pendule, mon baume.

2017, je t’ai vécue face au monde et ce ne fut pas chose aisée.

Mais je crois bien pourtant que je t’ai beaucoup aimée.

*

Ce qu’il advient de ce lieu, en revanche, je ne sais rien.

C’était un espace d’échange, c’est devenu un carnet plus secret, plus délaissé.

Car dorénavant je parle bouquin à longueur de journée.

Et que ce cocon de littérature, tissé par mes soins pour me sortir d’une impasse bien peu claire, m’a finalement menée où je le souhaitais.

Alors, que faire ?

Je pense simplement, pour l’instant, que je continuerai.

Même si je partage moins, même si je vais moins voir ailleurs chez mes camarades blogueurs.

Je vais dire encore mes joies et mes peines de lecture, mes grandes découvertes, mes premières fois guimauve – et à travers ces pages digérées, lever quelques voiles.

Je garde pourtant quelques billes pour un ailleurs plus intime, de personnages et de papier.

*

2018, ne me laisse pas faire des plans sur la comète.

Juste quelques résolutions.

Compostelle. Oreille cassée.

D’autres plus pratiques, plus écolos, plus responsables.

Promis, presque promis, je vais me tenir à carreau.

Ne plus foncer dans les meubles, ne plus risquer mes jambes dans les escaliers.

Regarder dans les yeux et sourire et ne pas tout dire tout haut et ne pas craindre de ne rien faire, de n’être vue à rien faire.

A l’évidence il y en a, du boulot. Mais j’ai le temps. La situation.

Et puis un certain flegme – tu peux entrer, 2018, je suis sur scène et je t’attends.

Que ton année à toi soit douce, cher lecteur !

Je t’embrasse – pour l’occasion.

Lola

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17 réflexions sur “2017 – et ce qu’il advient de cet espace

  1. Bravo pour ce texte magnifique, un joli cri du cœur pour revenir sur une année toute en mouvements. Réaliser un rêve, rien que ça ! Très séduite par ton écriture, je serais bien curieuse de jeter un œil discret sur cet « ailleurs plus intime, de personnages et de papier » : si tu décides de le publier quelque part, n’hésite pas à nous indiquer le chemin 🙂 Excellente année à toi, au plaisir de continuer à te lire ici !

    Aimé par 2 personnes

  2. Décidément, tu es une grande lectrice ça on le savait mais aussi une Lola qui a un bien beau brin de plume ! Bravo pour ce billet sensible et poétique… Je te souhaite de tout coeur le meilleur pour 2018 et continue à nous faire partager – si bien – tes découvertes littéraires !!

    Aimé par 1 personne

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