Bouquin #145 : Héros secondaires, de S. G. Browne

Héros secondaires – S. G. Browne – 2015 ; 2017 pour la traduction française]

Petite chronique rapido au cas où il te prendrait l’envie de te taper un bain de foule, aujourd’hui ou demain, pour glisser in extremis un peu de déconnade sous le sapin…

héros secondaires

C’est l’histoire de pauvres types toujours fauchés, du moins copieusement désillusionnés, qui vivotent tant bien que mal dans un New-York bien trop friqué pour leurs maigres bourses. Ils pourraient choisir de vendre du produit en coin de rue : ce serait un plantage complet, tant ces zigottos sont au fond bien braves, toujours dans les clous. Il est pourtant question de drogue – mais légale, en comprimés, dosettes, ou doux sirop sucré : de cette drogue qui soulage maux de ventre, anxiété, gingivites, nez bouché insomnies problèmes d’érection…

Lloyd, Randy, Franck, Charlie, Vic, Blaine et Isaac sont cobayes professionnels. Contre quelques chèques rondelets, pour des laboratoires privés au suivi minimal, ils servent de seconds sujets au test scientifique de nouvelles molécules. Ça leur fout parfois la jaunisse, quelques rejets ingrats, deux-trois maux par-ci par-là : rien d’insurmontable au regard des jolies sommes amassées en fin de mois – jolies certes, mais juste assez maigres pour maintenir ces pauvres hères dans l’engrenage d’une industrie pharmaceutique toujours à la recherche d’innocents fantassins prêts à gober n’importe quoi.

Sauf que… bien évidemment, ça part en vrille. Et tiens toi bien, il y a du mouvement. Quelques semaines après un test en situation de confinement un peu plus musclé que les précédents, les camarades d’infortune ont tous la pétoche : chacun semble doté d’un pouvoir au delà de toute logique…

L’un provoque, d’un simple bâillement, l’évanouissement de la personne qu’il fixe. Le deuxième, pire qu’une ortie, fait naître de belles plaques urticantes sur son voisin. Et lorsque le troisième laisse échapper un rototo, voici qu’une cible de son choix se met à vomir tripes et boyaux sans pouvoir s’arrêter.

On les surnomme Dr L’enfant-Do, Eczéman, Captain Vomito. Ils ont trente piges, des super-pouvoirs à la con, et l’envie soudaine de révolutionner le monde. Ce sont de grands gamins, et nous avec – il suffit de se prendre au jeu.

Dès lors, on se poile, on s’amuse comme des foufous, c’est tout coloré et tout moche et tout cousu de fil blanc comme n’importe quel nanar de super-héros qui ne se prend pas au sérieux, les retournements de situation s’annoncent à grands clins d’œil bien appuyés – mais qu’importe, le moment est un délice, une détente absolue. Et avec ce qu’il nous reste de cerveau disponible, on en arriverait même à s’attendrir pour ces pauvres tocards qui s’interrogent sur le sens que prend leur vie ni trop rangée ni trop téméraire.

Un livre qui se dévore, fout tout le monde de bonne humeur, à garder comme pense-bête dans l’armoire à pharmacie – il ne fait jamais bon gober du cachou avec trop de ferveur !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s