Le mois, les mots #7

Je lis moins. Ce n’est pas volontaire, c’est de saison. Chaque année, quand viennent les premiers jours d’automne, je déclenche une fonction hibernation qui me ralentit en tout – autrement dit, c’est un bon prétexte pour m’adonner à une glandouille totale qui, moralement, me fait du bien.

En conséquence, ce bilan-là fera l’état non pas d’un seul, mais de deux mois de lecture tranquillou – et comme d’habitude, je vous en présente les meilleures découvertes !

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Visage retrouvé – Wajdi Mouawad

94-visage-retrouveJ’ai hurlé à la lune et copieusement spammé les réseaux sociaux avec ce coup de foudre massif, que je découvre mille ans après tout le monde : la plume, la magnifique et trépidante et fusionnelle plume de Mouawad. Visage retrouvé, c’est l’histoire d’un jeune garçon qui, au jour de ses quatorze ans, ne reconnaît plus sa mère. C’est aussi un récit initiatique aux codes chamboulés, un voyage aux frontières du rêve – si frontières il y a, et l’expression d’une splendide colère. Les cinquante dernières pages se dévorent, s’apprennent par cœur et se tatouent dans ce cœur-là : c’est d’une beauté à couper le souffle.

Mon avis complet par ici.

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La puissance et la gloire – Graham Greene

87-la-puissance-et-la-gloireBEST BOOK EVER. Du genre à emporter sur une île déserte. Le pitch en quelques mots : un prêtre véreux en cavale face aux forces paramilitaires, dans le Mexique révolutionnaire des années trente. Greene a ce don, cette acuité géniale : sous sa plume émergent des personnages complexes, très réels et jamais manichéens. Aussi, dans ce bouquin-là, tu as tout : la peur, la honte, la tromperie, l’amour, l’excès et l’absence de foi, la pauvreté, le plaisir, de l’humour, de la mort. L’essence de tout être humain. Grandiose, à lire absolument !

Mon avis complet par ici.

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Le tatouage (et autres récits) – Junichirô Tanizaki

92-le-tatouage-et-autres-recitsOuh la la… Voici un livre délicieux qui fait naître, au creux du ventre, de délicats papillons… Je suis définitivement tombée en émoi sous la plume de Tanizaki avec trois nouvelles de jeunesse réunies par les éditions Sillage, et je tremble encore à l’évocation des Jeunes garçons : quelques jeux innocents, des corps livrés à cette naïveté, et l’escalade d’une violence qui fait du mal, qui fait du bien… Tanizaki m’a ouvert aux mots insoupçonnés du désir : les plus simples, les plus banals, mais dont l’association provoque des troubles soudains et laisse le lecteur tout rouge !

Mon avis complet par ici.

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Puisque l’on parle de désir, j’ai aussi lu ce modeste et volatil petit roman du comte Von Keyserling : Les enfants des beaux jours. Pas grand-chose à en dire : c’est charmant, aisément mené, mais loin du chef d’œuvre. [Mon avis par ici !]

J’ai évité – ou plutôt mon porte-monnaie a évité – la rentrée littéraire, mis à part Petit Pays, de Gaël Faye : pièce maîtresse de chez Grasset dont la com’ n’est plus à faire, mais qui m’a beaucoup plu. Il y a là un vrai potentiel, une écriture rythmée, vivante, au service de sujets très sensibles et traités avec une juste mesure. [Mon avis par ici !]

Grâce à Charlotte, de Ulostcontrol, j’ai lu Le promeneur d’Alep, de Niroz Malek : patchwork de fragments d’une écriture germée au cœur de la guerre, qui rend hommage à une ville magnifique mais agonisante, et poétise, pour mieux les dénoncer, les violences d’un peuple abandonné à ses peurs et à ses faims. [Mon avis par ici !]

Je me suis bravement lancée à l’assaut d’un classique que l’on ne présente plus : Cent ans de solitude, de Gabriel García Márquez. C’était franchement chouette, quoiqu’un peu longuet : je pense remordre dans ce monument d’ici quelques années. [Mon avis par ici !]

Enfin, #epicfail : Watership down, de Richard Adams. Zut alors. [Mon avis par ici !]

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En Novembre, tout comme au printemps, je participe au Prix du roman des étudiants : j’ai – sans le savoir – pris de l’avance en ayant déjà lu Petit pays de Faye, et je suis actuellement brinquebalée entre Toulouse et Miami grâce à La succession, de Jean-Paul Dubois. Préparez-vous donc à une avalanche de littérature française sur le blog, dans les semaines à venir !

En attendant, belles lectures à tous 🙂

Lola

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