Le mois, les mots #1

Février ayant été particulièrement prolifique en termes de lecture, essayons de résumer le tout – une fois n’est pas coutume – en quelques lignes. Cet article rejoint ainsi le bouquet de bilans que l’on voit fleurir sur les blogs à chaque fin de mois, et, qui sait, pourrait même devenir un rendez-vous des plus réguliers dans ce coin de pixels !

Dix bouquins ouverts ce mois-ci (et deux de refermés) : pour la petite lectrice que je suis, ce chiffre est celui d’un Everest littéraire. Il n’y a pas eu un jour de février sans que mes yeux ne se glissent entre les pages, en grande partie grâce au prix du Roman des étudiants, dont je suis jurée, et qui impose un rythme de lecture plutôt soutenu. Ce mois-ci fut dont placé sous le signe de la nouveauté, avec des lectures récentes et parmi elles, quelques très belles découvertes…

Delphine de Vigan D'après une histoire vraieMenée par le double jeu de la plume de Delphine de Vigan, je me suis laissée surprendre avec D’après une histoire vraie, à la trame certes un peu longuette mais qui a réussi à me tenir en haleine, surtout vers la fin. J’ai apprécié cette lecture glaçante, énigmatique, et, en bonne lectrice qui tombe dans le panneau, je m’interroge toujours sur cette frontière ténue entre le réel et la fiction…

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46 En attendant BojanglesPuis est venue la foudre et un amour inconsidéré pour une toute nouvelle plume dans le paysage littéraire français : celle de l’immense, du poétique, du talentueux Olivier Bourdeaut. En attendant Bonjangles m’a emmenée dans une danse virtuose, pavée de jeux de mots et de roulis de langue. Ce roman est prodigieux : lisez-le, offrez-le, chantez-le, mais surtout, ne passez pas à côté !

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47 Entre les deux il n'y a rien mathieu ribouletS’en est suivie une petite déception et un moment d’aborder la prose touffue et énervée de Mathieu Riboulet (Entre les deux il n’y a rien). Peu préparée à me plonger dans un morceau d’histoire et de politique qui m’était inconnu, j’ai mal accusé le choc, et la perspective de mener mes recherches de biais, le discours d’initiés de l’auteur n’aidant pas, m’a rapidement agacée. A relire, donc, mais avec Wikipédia sous le bras et la tête vide.

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48 Envoyée spécialeHeureusement, le train du rire m’a récupérée des eaux de l’ignorance et j’ai embarqué direction la Corrèze puis la Corée, en compagnie d’une idiote bienheureuse et de sa belle bande de bras cassés. Quel bon moment le loufoque Envoyée spéciale de Jean Echenoz m’a-t-il fait vivre, et quel plaisir ai-je eu à suivre des espions en carton dans leurs aventures improbables ! Voici un roman de la rentrée de janvier que je recommande pour qui souhaite se fendre la poire en goûtant d’une plume délicieuse…

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49 Bonjour tristesseJ’ai ensuite fait escale dans un Sud flamboyant et langoureux, sous le regard d’une jeune femme au seuil de sa vie d’adulte. Malgré tous les louanges que l’on a pu m’en faire, j’ai – déjà – vite oublié Bonjour Tristesse, et la plume de Sagan jeune – tout aussi lucide qu’impétueuse – n’a pas réussi à m’accrocher.

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la splendeur dans l'herbePuis il y a eu le cauchemar de tout lecteur : ouvrir un livre tellement mauvais que la notice de l’aspirateur, à côté, passerait pour une douce poésie. J’ai gueulé à plein tweets contre La splendeur dans l’herbe de Patrick Lapeyre, pendant toute la durée d’un long trajet en bus : est-il possible d’écrire aussi mal sur un sujet – la naissance de l’amour – qui, pourtant, avait le mérite d’être traité avec lenteur et volupté ?

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51 Celle que vous croyez Camille LaurensPreuve que les bons auteurs existent toujours – ouf !, j’ai dévoré Celle que vous croyez, de Camille Laurens : derrière des apparences plutôt légères données par le résumé surgit un discours engagé, féministe, et pas chiant pour un sou. C’est drôle, machiavélique, bercé par une plume de talent, et là aussi, le flou demeure : qui est qui qui fait quoi ? Un délice.

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52 L'or Blaise CendrarsEnfin, j’ai sauté sur mon cheval direction San Fransisco, cap’tain, sur les traces de Johann August Sutter, pionnier de la conquête de l’Ouest américain et ruiné – un comble ! – par la découverte de mines d’or sur ses terres. La plume est précise, le récit pétrifiant : avec L’Or, Cendrars rend un digne hommage à l’un des pères de son pays, devenu orphelin de la fortune.

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Racine foreverEn ce moment, je lis – toujours pour le #RDE – Titus n’aimait pas Bérénice de Nathalie Azoulai. Une lecture dont j’ai repoussé l’échéance, car, très objectivement, je suis une bille en théâtre classique : pour m’en défendre, je dis souvent que ce n’est « pas mon truc ». Alors je me suis rencardée en dernière minute : vendredi, j’ai ouvert Bérénice. Ce fut soudain, impensable, magique: j’ai aimé Racine. J’avais déjà lu Bajazet en octobre pour les cours, mais le coup de foudre ne s’est produit que maintenant. Depuis vendredi donc, je lis Racine, je mange Racine, je dors et je rêve Racine. Et ce matin, moment de grâce chez les bouquinistes : les œuvres du dramaturge rassemblées en deux volumes.

En mars, dans quelques jours, le blog fêtera sa première année d’existence dans mon cœur et sur la toile. Ce sera surement l’occasion, encore une fois, d’ouvrir les vannes et de vous raconter, toute larmoyante, ce que ce coin du web a changé dans ma vie – pas mal de choses, je vous assure !

Bon mois de mars et belles lectures !

Lola

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7 réflexions sur “Le mois, les mots #1

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