Bouquin #46 : En attendant Bojangles, d’Olivier Bourdeaut

[En attendant Bojangles – Olivier Bourdeaut – 2016]

C’est la pépite de cette rentrée littéraire, le soleil d’hiver encensé par la critique : En attendant Bojangles, premier roman du talentueux Olivier Bourdeaut. A mon tour d’apporter une pierre à l’édifice de l’éloge collectif : ce roman est tout bonnement excellent. Il vit, il vibre, il virevolte et nous entraîne dans une danse dont on regrette seulement qu’elle soit trop courte, tant le rythme nous enivre d’un délicieux plaisir…

46 En attendant Bojangles

C’est un appartement grand comme le Pays des Merveilles et tout aussi fantasque sous des yeux d’enfant. Il y a le père, qui ment à l’endroit à l’envers, l’Ordure, ami sénateur aux excentricités bercées par le vin, et Mademoiselle Superfétatoire, grue de Namibie toute en caractère et en colliers de perles. Et puis la mère, cette étincelle mouvante et sensuelle, dont la folie n’a d’égal que l’amour et qui règne sur ce monde cousu de grands rêves et de fête permanente.

Dans ce lieu enchanté, on danse, on s’envole et on s’étreint pendant que Nina Simone chante Mr Bojangles sous le diamant du tourne-disque. La mère aux dix-mille prénoms papillonne avec grâce et saupoudre la maisonnée d’un voile de tendresse. Parfois, tous s’exilent dans un château en Espagne, et partout, de tout temps, c’est la belle vie. Jusqu’au jour où le délire maternel se pare de la cape noire du danger : il va falloir incarner cette femme indomptable, cette épouse feu-follet, cette mère dévouée.

Ce roman nous accroche, nous rapproche, tant son sujet berce l’univers : c’est l’amour et la vie, liés l’un à l’autre et mâtinés d’une folie heureuse et insouciante. A travers le regard du petit garçon et les écrits de son père se dessine le portrait de cette femme fougueuse, l’épicentre d’un quotidien casse-cou mais comblé de bonheur. La plume danse entre les mots, le texte explose de rimes rythmées et entraînantes, il réchauffe, console, fait naître les sourires.

Olivier Bourdeaut, retenez ce nom-là : c’est un génie de la prose que nous ont révélé les éditions Finitude, et j’attends son prochain travail avec grande impatience.

Retrouvez ici mes lectures pour le prix du Roman des étudiants 2016.
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