Bouquin #42 : Libellules, de Joël Egloff

[Libellules – Joël Egloff – 2012]

Chez les bouquinistes, quand me prend l’envie de découvrir de nouveaux délices littéraires, je ne me fie qu’au bon vieux et inusable « pifomètre » qui jusqu’alors ne m’avait jamais déçue. Mais il faut bien, comme on le dit, qu’une exception confirme la règle, et cette exception-là prend le charmant nom de Libellules : un recueil de nouvelles baratineuses et sans intérêt, qui aurait mérité un peu plus de travail – à mon goût – avant de voir le jour…

Joel Egloff Libellules

Je ne vais pas m’étendre au risque de me lancer dans un article à charge qui ne ferait plaisir à personne, mais puisque ce carré de pixels abrite mon carnet de lectures virtuel, et par vain souci de collection, je vous parle tout de même de ce petit ramassis de tout et de rien écrit par Joël Egloff et publié il y a quelques années. En deux mots comme en cent : c’est à éviter.

Que fait l’écrivain quand il s’ennuie ? Il étanche sa soif d’inspiration en puisant dans son entourage. Il ramasse, collecte, accumule les bouts de vie comme autant de glaises à travailler pour un projet final : la prochaine production. Joël Egloff, en bon apprenti, a minutieusement effectué cette introspection du quotidien, employant ses cinq sens au service d’une plume qu’il espérait fine et philosophe – et qui s’avère, passé la première ligne, inutilement loquace et creuse. Le pari était risqué : miser sur du très court format (vingt-cinq nouvelles en 145 pages, je vous laisse calculer le ratio…) pour inviter le lecteur à explorer des tranches de la vie de l’écrivain désœuvré. Las : Egloff rate l’exercice, et l’on se retrouve entravés dans un babillage assommant, servi par une écriture fade et « marclévytique », répétitive et bourrée de virgules.

Le procédé m’a amèrement fait penser à mon arrivée « à la grande ville », l’année de mes 17 ans, où je passais mon temps à écrire sur les nuages, les lampadaires et les clochards du métro dans l’espoir maladroit et très présomptueux d’en tirer un roman formidable, parce que bourré d’ « instants de vie ». Erreur : il en faut un peu plus pour être littéraire, et ce n’est pas en exposant la routine dans toute sa trivialité, sans effort de style, comme le fait Egloff, que l’on accrochera le lecteur. Sauf celui, peut-être, qui a du temps à perdre ou cherche un bon somnifère…

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