Bouquin #23 : Not that kind of girl, de Lena Dunham

[Not that kind of girl – Lena Dunham – 2014]

On croyait tout connaître du génie Lena Dunham, artiste multicasquette New-Yorkaise au verbe et au nu effrontés, créatrice (et actrice) de la géniale série GIRLS, avant que la jeune femme, à 28 ans, se lance dans une autobiographie prématurée avec la bombe Not that kind of girl. Trois-cents pages « à l’usage des filles d’aujourd’hui », dont j’attendais la lecture avec impatience et curiosité et dont je ressors plutôt mitigée : si la plume sans fard reste fidèle au personnage, le contenu, bien que plaisant, n’a rien de transcendant ni d’indispensable.

Not that kind of girl Lena Dunham avis

Très bien, je l’avoue : je suis sensible aux pressions médiatiques, surtout lorsqu’elles touchent une artiste que j’admire. Ainsi, en tant que fan absolue de la série GIRLS et du franc-parler de sa génitrice, je me suis procuré sans hésiter ses premiers écrits féminins et féministes, lors de leur sortie chez 4th Estate, au Royaume-Uni.

Et comme tout bon coup marketing mené avec un budget royal, la déception n’a pas tardé à se faire sentir.

Soyons clairs : j’ai apprécié les récits de Lena Dunham, son verbe bariolé m’a souvent fait rire et ses anecdotes ont parfois trouvé leur écho dans ma propre expérience de jeune fille de 21 ans. Néanmoins, il manquait quelque chose à l’ensemble très sucré et un brin bordélique : un peu de profondeur. Cette dimension introspective, plus sage et plus calme, fait cruellement défaut au récit, que l’on croit alors ébauché par une adolescente et non pas construit par une trentenaire. « Une jeune femme vous raconte ce qu’elle a appris », promet la punchline des éditions anglophones. En réalité, pas vraiment : la jeune femme en question se contente de compiler bout à bout ses histoires, ses peurs (90% d’hypochondrie), ses amours, ses tentatives de socialisation, tout ceci regroupé en cinq sections distinctes : « Amour & Sexualité », « Corps », « Amitié », « Travail », et la dernière, fourre-tout et énigmatique : « Big Picture » (« Le grand tout » en français).

Au bouillon très salé des aventures Dunhamiennes, il manque une louche de recul et de maturité, et de nombreux passages (notamment celui présentant un email annoté probablement envoyé à un ex, email auquel on ne comprend rien), se font très nombrilistes et fortement dispensables.

Que les fans (dont je fais partie) se rassurent cependant : la lecture de Not that kind of girl reste un moment agréable, marqué par les gimmicks qui font le succès de la série GIRLS (dont on retrouve, dans le bouquin, toutes les influences), et on ne peut plus fidèle à l’auteur, notre copine d’un instant.

Advertisements

8 réflexions sur “Bouquin #23 : Not that kind of girl, de Lena Dunham

  1. Ahah moi aussi, je suis sensible aux pressions médiatiques … et je l’ai acheté :’) Et je suis déçue comme toi ! Ni très intéressant, ni très drôle. Certains passages sont agréables (heureusement!) mais c’est une lecture dispensable.

    Aimé par 1 personne

    1. Tout à fait ! C’est plutôt nombriliste et je m’attendais à un truc rafraîchissant, parfait pour l’été, mais c’était trop de bavardage. Heureusement que la série de Dunham est beaucoup mieux (même si elle divise beaucoup, moi j’adore) 🙂

      Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s