Bouquin #6 : Annabel, de Kathleen Winter

[Annabel – Kathleen Winter – 2010]

Le titre, ce simple prénom lancé comme une affirmation, et la troublante silhouette androgyne se découpant sur la couverture m’avaient attiré l’œil. Le résumé – la naissance d’un enfant hermaphrodite dans un bourg rural du Canada, en 1968, et son évolution, déterminèrent mon choix de lecture. J’attendais beaucoup de ce premier roman de Kathleen Winter. Mais sa lecture fut une déception.

annabel kathleen winter

Il m’est sincèrement difficile d’écrire une chronique négative sur un roman : d’une part parce qu’une déception en entraîne souvent une autre, et qu’il devient ardu de savoir par où commencer ; d’autre part parce que je crains d’être passée à côté des buts de l’auteur, et ainsi, de déprécier son travail. Mais Kathleen Winter a-t-elle réellement approfondi ses recherches avant de se lancer dans la tâche, très noble et pleine de promesses, de raconter les vingt premières années de Wayne, né hermaphrodite à la fin des années 1960 dans un village côtier du Labrador, et dont on décide qu’il sera un homme ? Entre évènements médicaux improbables et peu nécessaires à l’évolution du récit et métaphores maladroites malgré une plume assez agréable à lire, j’ai énormément peiné à partager les émotions de Wayne « Annabel » Blake qui, bien évidemment personnage principal du récit, est devenu à mes yeux un corps effacé, sans personnalité et, au bout du compte (470 pages et bien des longueurs), d’un ennui profond.

Je m’attendais avec impatience à une introspection psychologique du héros, ce roman m’offrait la promesse de me retrouver plongée dans les tourments de son enfance et de son adolescence, mais l’écriture aseptisée de Kathleen Winter, et la trop grande place accordée à des personnages secondaires sans importance, comme pour combler la faiblesse de son personnage principal à la personnalité inachevée, ont glissé sur moi comme une eau tiède et sans saveur.

Les descriptions, bien trop nombreuses néanmoins, restent l’unique point positif du récit. L’auteur possède indéniablement le talent de sculpter une ambiance par des mots bien choisis, mais cela ne suffit pas à combler le manque de travail sur ses personnages et une écriture trop froide, presque clinique, qui ne sied absolument pas avec le sujet – ambitieux mais à l’interprétation ratée – du roman.

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7 réflexions sur “Bouquin #6 : Annabel, de Kathleen Winter

    1. J’ai vu de très bonnes critiques sur Goodreads, et le livre a été shortlisté pour plusieurs prix au Canada, donc ce n’est pas non plus une atrocité pour tout le monde je suppose 🙂
      Mais avec moi, ça n’a pas accroché…
      J’espère que ton avis sera meilleur que le mien, car c’est toujours tellement frustrant d’être déçu(e) par un livre !

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  1. Repéré en librairie depuis longtemps, je comptais le lire un jour… Mais je dois avouer que j’en attendais un peu la même chose que toi, et je crains d’être déçue du coup. Enfin, la déception fait partie du jeu de la lecture, non ?!

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